Philippe Schwartz
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Vaginisme : définitions et causes

Sexologie

Le vaginisme est un trouble sexuel féminin très invalidant puisqu’il consiste en la contraction des muscles entourant le vagin lors de la pénétration, rendant celle-ci souvent impossible.

Il s’agit d’une cause fréquente de mariage non consommé.

 

Une contracture musculaire involontaire des muscles autour de l’entrée du vagin

On définit le vaginisme comme un ensemble de réactions musculaires aboutissant à la fermeture de l’entrée du vagin lors de la pénétration.

Ces contractions musculaires sont le fait de muscles du périnée situés autour du vagin (muscles périvaginaux). Le mécanisme repose sur la survenue de contractions musculaires réflexes involontaires défensives lors d’une pénétration vaginale que celle-ci soit le fait d’un pénis, de doigts ou d’un objet (sextoy, speculum d’examen gynécologique).

On parle plutôt de vaginisme en l’absence de cause organique et de dyspareunie (dyspareunie d’intromission) lorsqu’une cause somatique est retrouvée.

 

Le périnée, c’est quoi ?

Le périnée est ensemble de muscles qui vont du pubis et de la région génitale à la région anale et au coccyx, constituant une sorte de hamac musculaire puissant qui se situe juste derrière la vulve chez la femme.

On peut le comparer à un petit trampoline qui soutient les organes pelviens et joue un rôle d’amortissement de la pression abdominale.

Parmi ces muscles, le releveur de l’anus, responsable par sa contraction de la continence anale et urinaire, passe de part et d’autre de l’entrée du vagin. C’est notamment sa contraction involontaire qui rend la pénétration impossible dans le vaginisme.

C’est aussi lui qui se contracte de façon rythmique durant l’orgasme, provoquant une diffusion du plaisir dans la région pelvienne.

 

Les symptômes du vaginisme

La contraction est involontaire ce qui signifie que la femme ne contrôle pas cette contraction.

Elle est ressentie comme la perception d’une crispation importante du vagin et de la région vulvaire donnant l’impression d’un mur infranchissable.

Le vaginisme peut exister dès le début de la vie sexuelle (vaginisme dit primaire) ou apparaître plus tardivement après une période de vie sexuelle sans problème (vaginisme secondaire).

Le vaginisme peut aussi être total (complet), interdisant toute pénétration, ou partiel (incomplet), autorisant une pénétration limitée. On parle alors parfois dans ce dernier cas d’une « dyspareunie d’intromission » qui se caractérise par une pénétration difficile et douloureuse et le plus souvent incomplète.

En fait, le vaginisme qualifie plutôt la contraction musculaire involontaire et la dyspareunie la douleur mais en pratique la contraction musculaire entraîne une douleur qui elle-même induit une peur d’avoir mal, laquelle génère une contraction musculaire réflexe.

Selon les moments, les circonstances ou le partenaire, un vaginisme peut être parfois complet et parfois incomplet.

Le vaginisme peut également survenir lors de l’examen gynécologique d’une femme ou lors de l’introduction d’un tampon hygiénique.

Il engendre un véritable cercle vicieux associant douleur, anxiété du rapport sexuel, peur au moment de la pénétration et à nouveau douleur et contraction défensive en réaction à la peur.

Le plus souvent, le vaginisme est isolé, sans coexistence d’un trouble du désir ou orgasmique.

Enfin le vaginisme peut être sélectif, survenant avec un partenaire mais pas lors de l’examen gynécologique.

Le diagnostic du vaginisme est uniquement clinique et ne nécessite pas la réalisation d’examens complémentaires, sauf si une cause organique est retrouvée ou suspectée.

 

La fréquence du vaginisme

Le vaginisme touche environ 1% des femmes en âge de procréer mais 15% à 25% des femmes consultant en sexologie et les dyspareunies environ 24%.

Dans les populations de femmes mariées sans leur consentement, la fréquence du vaginisme peut atteindre 70% des femmes.

 

Les causes psychologiques du vaginisme

L’origine psychologique du vaginisme en est la cause essentielle, en particulier du vaginisme primaire. Ceci traduit l’importance de la dimension émotionnelle de la sexualité et notamment sur la façon dont la pénétration est vécue et représentée.

Cette contraction réflexe relève alors d’un mécanisme de défense contre une intrusion corporelle pouvant être vécue comme une agression voire envers une authentique agression sexuelle.

Très souvent, la survenue d’un vaginisme est rapportée chez des femmes connaissant peu leur anatomie génitale vulvovaginale et n’ayant pas investi leur vagin comme une zone érotique et de plaisir.

Plusieurs types de causes psychologiques peuvent être identifiées :

  • Peur de la pénétration pouvant relever de plusieurs causes : éducative, peur d’une infection, absence de contraception, peur d’avoir mal, peur de la sexualité, inexpérience, etc.
  • Maladresse ou brutalité du partenaire.
  • Mésentente dans le couple.
  • Sentiment de culpabilité.
  • Phobie du pénis, dégoût de la sexualité.
  • Méconnaissance de son intimité féminine, défaut de représentation du vagin dans son schéma corporel.
  • Mal-être avec sa féminité.
  • Contexte de crainte ou de peur (agression, rapport sexuel non pleinement consenti, sentiment d’insécurité, peur d’être dérangée).
  • Traumatisme psychologique, antécédents de maltraitance dans l’enfance ou passé d’agression ou d’abus sexuel.

Dans les causes psychologiques pures, il n’existe aucune anomalie ni maladie ni lésion des organes génitaux de la femme.

 

Les causes organiques ou somatiques du vaginisme

De multiples causes somatiques peuvent entraîner une contraction réflexe des muscles périvaginaux avec vaginisme complet ou dyspareunie (douleur génitale) lors de la pénétration :

  • Sécheresse vaginale.
  • Atrophie vaginale (ménopause).
  • Infection vulvovaginale.
  • Maladie dermatologique inflammatoire de la vulve (lichen, eczéma, etc.).
  • Épisiotomie récente ou cicatricielle.
  • Hymen épais ou scléreux (fibrose) empêchant la pénétration ou déchirure traumatique de l’hymen lors des premiers rapports sexuels.
  • Malformations génitales comme par exemple une bride vaginale ou une cloison vaginale.

 

Les causes intriquées

Il peut y avoir association d’une cause organique et d’une conséquence psychologique comme, par exemple, une épisiotomie douloureuse après un accouchement ayant laissé place à une peur d’avoir mal.

 

Les conditions d’une « ouverture au plaisir »

Pour que la femme puisse accéder à un rapport sexuel satisfaisant, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • Une excitation psychique ou fantasmatique (désir, consentement).
  • Une excitation corporelle physique (préliminaires, caresses érogènes et génitales).
  • Un lâcher-prise avec abandon de soi aux perceptions corporelles sensorielles.

Une maladie, un souvenir traumatique, une peur, peuvent venir s’opposer à l’éclosion de ces conditions.

La connaissance de son anatomie intime, l’apprentissage du plaisir via la masturbation favorisent l’intégration des perceptions génitales et des émotions érotiques conduisant au laisser-aller et au plaisir. Cet apprentissage de la « vaginalité » joue un rôle important dans l’attribution au vagin de sa fonction érotique et de plaisir.

 

Que conclure ?

  • Le vaginisme se définit comme une contracture invincible et involontaire souvent douloureuse des muscles périvaginaux, empêchant toute pénétration.
  • Il est fréquemment associé à des difficultés psychologiques de type anxiété ou phobie de la pénétration.

 

Cabanis C. Analyse clinique des dysfonctions sexuelles féminines. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie, Elsevier Ed., Paris, 2014

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Corps accord. Guide de sexualité positive. Éditions du remue-ménage, 2019

Mignot J et coll. Psycho-sexologie. Dunod Ed., Malakoff, 2013

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Vulvae, Mia. Le petit guide illustré des pathologies vulvaires


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