Philippe Schwartz
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Syndrome des jambes sans repos, une maladie fréquente, bien réelle et qui peut être sévère

05 Déc 2021 Philippe Schwartz Relaxation

Le syndrome des jambes sans repos est également appelé maladie de Willis-Ekbom, des noms des médecins qui l’ont décrit, ou aussi syndrome d’impatiences musculaires de l’éveil. Il se caractérise par la survenue de besoins impérieux de bouger ses jambes, accompagnée de sensations désagréables dans les jambes.

 

Une maladie fréquente

Le syndrome des jambes sans repos est une maladie dite sensorimotrice, touchant la sensibilité et la motricité musculaire, fréquente dans la population mais peu connue et sous-diagnostiquée.

Sa fréquence est en effet évaluée entre 5 et 10% de la population avec environ 2% de formes sévères de survenue quotidienne.

Elle est deux fois plus fréquemment rapportée dans la population féminine que chez les hommes. Sa fréquence de survenue augmente avec l’âge puis reste à un taux stable à partir de 65 ans.

Il apparaît en moyenne entre 30 et 40 ans et on distingue :

  • Une forme dite précoce avec un âge d’apparition situé entre 20 et 30 ans, souvent familiale et d’évolution lente.
  • Une forme dite tardive apparaissant entre 40 et 50 ans avec une faible notion d’histoire familiale et d’aggravation progressive sur 2 à 3 ans.

Une présence familiale de ce syndrome est objectivée dans 40 à 60% des cas.

Une forme est également décrite chez l’enfant avant 10 ans, souvent associée à un TDAH et pouvant être faussement étiquetée douleurs de croissance.

Il est souvent associé à l’insomnie chronique.

 

Une maladie qui peut être sévère

Le principal signe clinique du syndrome des jambes sans repos est l’apparition d’un besoin impérieux et irrésistible de bouger ses jambes, également décrit sous le terme d’impatiences.

Ce besoin survient le plus souvent à l’éveil et au repos en position allongée ou assise.

D’autres symptômes sont fréquemment associés :

  • Sensations décrites comme désagréables dans les jambes, décrites comme un inconfort venant de la profondeur des jambes, parfois comme une sensation de brûlures, de picotements, de bouillonnement.
  • Amplification des signes le soir et la nuit.
  • Mouvements répétitifs stéréotypés dits périodiques des jambes durant le sommeil.
  • Insomnie liée aux difficultés d’endormissement et aux réveils nocturnes du sujet atteint, pouvant être marquée dans les cas sévères.

Un soulagement est obtenu par la marche, les mouvements des jambes.

On ne retrouve pas de signes cliniques objectifs (ni œdème ni crampe musculaire) ni de douleurs musculaires. Toutefois, le syndrome des jambes sans repos est fréquemment associé à des troubles de la circulation sanguine, notamment veineuse, ou à la survenue de crampes, qui peuvent jouer un rôle favorisant et qu’il convient donc de prendre en compte.

Dans environ 20% des cas le syndrome concerne les bras.

 

Évolution en l’absence de prise en charge

Avec le temps et sans traitement, le syndrome des jambes sans repos évolue de façon variable avec en général une aggravation le soir et la nuit et de l’insomnie amenant à une fatigue pouvant être majeure accompagnée de somnolences dans la journée, d’irritabilité, de symptômes dépressifs et d’une altération importante de la qualité de vie du sujet.

Lorsqu’il est sévère avec un retentissement personnel et socioprofessionnel majeur, ce syndrome est une cause d’augmentation du risque suicidaire. Ceci souligne l’importance de sa reconnaissance et de sa prise en charge.

 

Un syndrome pouvant être secondaire à d’autres pathologies

Les formes secondaires du syndrome des jambes sans repos sont en particulier souvent associées à d’autres maladies en général associées à un déficit en fer :

  • Insuffisance rénale chronique, surtout au stade de la dialyse.
  • Polyneuropathies.
  • Pathologies de la moelle épinière (myélopathies).
  • Maladie de Parkinson.
  • Sclérose en plaques.
  • Maladies rhumatologiques (polyarthrite rhumatoïde), respiratoires, digestives ou des glandes endocrines.

Certains médicaments peuvent également favoriser l’apparition de formes secondaires : certains antidépresseurs, antipsychotiques ou antihistaminiques.

Les formes secondaires de syndrome des jambes sans repos sont souvent des formes tardives.

Dans un contexte non pathologique, la grossesse peut également favoriser la survenue d’un syndrome des jambes sans repos, favorisé par la fatigue, le stress ou l’anxiété de l’accouchement ou de la maternité. Il est le plus intense durant le 3e trimestre de la grossesse et disparait le plus souvent dans le mois suivant l’accouchement.

 

Diagnostic

Le diagnostic du syndrome des jambes sans repos est souvent fait tardivement du fait du caractère modéré et intermittent de sa survenue, notamment en début d’évolution.

Le diagnostic est avant tout clinique, reposant sur les descriptions symptomatiques subjectives faites par les sujets atteints.

 

Des examens complémentaires pour étayer le diagnostic

On peut conforter l’hypothèse diagnostique clinique en mettant en évidence via un bilan biologique une diminution des stocks de fer dans l’organisme.

Un enregistrement du sommeil (polysomnographie) peut aider à en établir le diagnostic lorsque la symptomatologie clinique n’est pas formelle ou potentiellement noyée dans les signes d’une autre pathologie associée.

Cet examen peut alors montrer :

  • Un allongement du délai d’endormissement.
  • La survenue de mouvements caractéristiques des jambes durant le sommeil.
  • Des éveils nocturnes concomitants.

Cet enregistrement peut également évaluer le degré de sévérité du syndrome.

L’enregistrement polysomnographique est souvent associé et précédé par un TIS ou test d’immobilisation suggérée en éveil. Il consiste dans la mesure de l’activité sensorielle et motrice (électromyogramme des muscles des jambes) durant une période d’une heure d’immobilisation au calme du sujet en soirée.

 

Une maladie bien réelle

Le syndrome des jambes sans repos a longtemps été faussement attribué à une altération de la circulation sanguine veineuse ou à des troubles névrotiques. En fait, ce sont plusieurs facteurs génétiques et biologiques qui sont impliqués dans la survenue de ce syndrome.

 

Une origine génétique encore mal précisée

Les facteurs génétiques semblent occuper une place notable mais les mutations en cause ne sont pas encore précisément identifiées. Ils seraient plus particulièrement impliqués dans les formes primaires (non secondaires à d’autres contextes pathologiques).

 

Une carence en fer d’origine métabolique

Biologiquement, une anomalie du métabolisme du fer au niveau du système nerveux a été retrouvée avec une baisse de la concentration en fer dans le système nerveux central.

 

Des conséquences sur le métabolisme de la dopamine

Cette anomalie du métabolisme du fer, de par son rôle dans le métabolisme de la dopamine, peut expliquer les anomalies dopaminergiques retrouvées dans le syndrome des jambes sans repos.

La dopamine est en effet un neuromédiateur important de la communication entre neurones dans les régions cérébrales impliquées dans le contrôle de la motricité et du traitement des informations sensorielles et, au niveau de la moelle épinière, dans celui de la transmission des informations sensorielles.

Tout se passe comme si une inhibition des zones motrices du cerveau entraînait une augmentation de l’excitabilité des neurones responsables de l’activation musculaire.

 

Encore beaucoup d’inconnues

D’autres mécanismes physiopathologiques sont aussi évoqués comme des anomalies du métabolisme du glutamate, du métabolisme de la sérotonine, de la microvascularisation ou du système nerveux vagal.

 

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