Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
36 rue Scheffer, 75116 Paris 16
 
Indisponible aujourd'hui
 
06 24 52 83 82

Sexualité et grossesse : les réponses du sexologue

Sexologie

Quelques recommandations et informations afin que les deux partenaires puissent vivre une sexualité épanouie et satisfaisante durant la grossesse…

 

D’où vient le désir de grossesse ?

Le désir d’avoir un enfant, de donner la vie, peut se situer à différents niveaux chez la femme :

  • Un désir de donner la vie comme cristallisation ou « matérialisation » d’un amour, d’une histoire d’amour.
  • Devenir mère, qui peut être une aspiration de coller à un modèle social ou familial.
  • S’inscrire dans une filiation et une perpétuation familiale.
  • Assurer une perpétuation de soi-même, proche du désir d’immortalité.
  • Obéir à une conformité familiale.
  • Montrer sa féminité par le biais de sa fécondité, tout comme devenir père pour un homme peut montrer sa virilité.
  • Parfois être enceinte pour vivre la grossesse elle-même.

En fait, beaucoup de raisons conscientes et inconscientes peuvent générer le désir de maternité.

 

J’arrête la pilule, quand vais-je pouvoir être enceinte ?

La possibilité d’être enceinte après arrêt de la contraception orale est très variable d’une femme à l’autre en fonction de l’âge, de ses cycles, etc.

Une grossesse peut survenir dès le cycle suivant l’arrêt de la pilule ou parfois seulement plusieurs mois après.

La grande majorité des femmes (80%), tous âges confondus, sont enceintes dans les deux ans de rapports sexuels réguliers sans contraception et le taux de conception est de 25% par mois chez les jeunes femmes.

 

Quelles positions sexuelles privilégier durant la grossesse ?

  • Les « petites cuillères », femme et homme allongés sur le côté, le dos de la femme contre le ventre de l’homme.
  • La « levrette », femme à quatre pattes et homme à genoux derrière elle.
  • La « cavalière » ou la « position d’Andromaque », homme allongé sur le dos, femme assise sur lui et face à lui, bien droite ou accroupie.
  • Le « vol des mouettes », femme allongée sur le dos au bord du lit avec les pieds en appui au sol, homme à genoux face à elle.
  • La « balançoire », homme allongé sur le dos, femme accroupie sur lui en lui tournant le dos face penchée au-dessus des jambes de l’homme.
  • « L’enclume », femme allongée sur le dos relevant ses jambes pour les poser sur les épaules de l’homme face à elle.
  • Le sexe oral peut occuper une place privilégiée.

 

Quelles positions sexuelles éviter à partir des 5e ou 6e mois de grossesse ?

  • Le « missionnaire », femme allongée sur le dos et homme sur elle.
  • Femme enceinte allongée sur le ventre.
  • Toutes les positions demandant des efforts ou une trop grande souplesse et générant inconfort et fatigue.
  • La sodomie est à éviter en cas de risque d’accouchement prématuré, de grossesse gémellaire ou de dilatation du col (risque de contractions utérines).

 

Grossesse et sextoys

Durant toute la grossesse, la pénétration avec des objets vibrants doit être évitée.

Ils peuvent en revanche être utilisés au niveau de la vulve et du clitoris.

Les sextoys non vibrants peuvent être utilisés sans restriction sans violence avec douceur.

 

Le bébé et les rapports sexuels

Les rapports sexuels se déroulent au niveau du vagin et non dans l’utérus. Il n’y a donc pas de risque de « toucher » l’enfant.

Par ailleurs, le bébé baigne dans le liquide amniotique qui fait office « d’airbag » envers les mouvements sexuels.

Les rapports sexuels ne peuvent ainsi pas blesser le bébé.

 

Les rapports sexuels à proximité du terme

A proximité de l’accouchement, deux facteurs viennent modérer la sexualité du couple :

  • L’apparition des contractions utérines.
  • L’augmentation de la fragilité du col utérin.

Aussi, bien qu’aucun lien n’ait été objectivé entre les rapports sexuels et le déclenchement de l’accouchement, la sexualité génitale doit être particulièrement douce et les séances érotiques sans pénétration ont alors une place privilégiée dans l’intimité du couple.

A proximité du terme (notamment dans les 6 semaines précédant la date prévue du terme), les contractions utérines justifient une réduction de la fréquence des rapports sexuels génitaux du fait du risque d’accouchement prématuré.

En dehors des situations où la pénétration peut être contre-indiquée (menace d’accouchement prématurée, ramollissement du col utérin, grossesse gémellaire, placenta bas inséré), il n’y a toutefois aucune interdiction formelle dans la mesure où les rapports sont doux.

Une sexualité sans pénétration peut être privilégiée : caresses, massages, préservation de l’intimité du couple, etc.

 

Dans quels cas les rapports sexuels sont-ils contre-indiqués ?

Certaines causes obstétricales constituent des contre-indications aux rapports sexuels :

  • Antécédent ou risque d’accouchement prématuré.
  • Grossesse multiple (jumeaux, triplés…).
  • Rupture prématurée des membranes (« poche des eaux »).
  • Insertion basse du placenta dans l’utérus.

 

Orgasme et accouchement, qu’en est-il exactement ?

Certaines femmes (environ 0,3 à 2% des accouchements) ressentent un orgasme durant le travail.

On parle « d’accouchement orgasmique » ou « d’orgasme obstétrical ».

Il s’agit d’un plaisir en général fugace survenant lors d’une poussée, sans aucune pensée érotique ou sexuelle, et s’accompagnant d’une réduction importante des douleurs de l’accouchement.

On invoque la distension du périnée lors du passage de l’enfant dans la filière génitale, stimulant des zones érogènes profondes comme les bulbes vestibulaires et les piliers du clitoris.

Certaines femmes ont expérimenté avec succès la pratique de la masturbation durant leur accouchement. Elles décrivent un effet de détente et de bienfait sur la douleur des contractions et disent l’avoir vécu comme un geste naturel relaxant et non comme un acte sexuel.

De fait, la masturbation stimule la production d’endorphines, qui sont apaisantes et analgésiques, et d’ocytocine, qui favorise les contractions utérines et les rend plus efficaces.

 

Quelques conseils en pratique

  • Éviter les rapports sexuels trop violents et adopter la douceur comme principe de base de tout rapport sexuel. Moyennant quoi, si la grossesse se déroule sans anomalie obstétricale, la sexualité peut être vécue sans problème, du moins jusqu’à la survenue de contractions.
  • La position du « missionnaire » (femme allongée sur le dos et homme au-dessus) reste possible tant que l’homme peut éviter de peser sur sa partenaire en prenant appui sur ses bras (1er trimestre).
  • Au 2e trimestre, les positions avec la femme au-dessus de son partenaire sont souvent préférées (« Andromaque », « Arétin »).
  • Au 3e trimestre, privilégier les positions sexuelles les plus confortables pour la femme (« petite cuillère », « levrette ») et éviter celles générant de la fatigue ou des efforts.
  • Laisser la femme maîtriser la pénétration et les mouvements sexuels.
  • Éviter les rapports sexuels s’ils provoquent des contractions utérines. Ce qui ne veut pas dire abandonner toute intimité et toute sensualité.
  • Respecter les contre-indications obstétricales aux rapports sexuels.
  • Parler, se confier : le maintien d’une bonne communication intime dans le couple est la meilleure assurance de l’harmonie affective et sexuelle entre les partenaires durant et après la grossesse (post-partum).
  • Parler de ses difficultés à un thérapeute (sexologue, thérapeute de couple, gynécologue) peut avoir un impact tout à fait positif sur le vécu de cette période de la vie de la femme et du couple, tant pour recevoir de l’information sur les modifications liées à la grossesse et ayant un retentissement sur la sexualité et sur le couple que pour bénéficier de conseils sexologiques concernant par exemple les positions les plus favorables ou la sexualité sans pénétration si celle-ci est contre-indiquée.

 

Carbone L et coll. Sexual Intercourse for Induction of Spontaneous Onset of Labor. J. Sex. Med., 2019 ;16 :1787-1795

Duchemin D. Accouchement : la masturbation comme antidouleur ? Slate, 6 février 2020

Lansac J. Lopès P. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017

Leuillet P. Grossesse et post-partum. In Courtois F, Bonierbale M. Médecine sexuelle, Lavoisier Ed., Paris, 2016

Lopès P. Sexualité et grossesse, sexualité et post-partum. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie, Elsevier Ed., Paris, 2014

Postel T. Naissance et jouissance : mise en évidence d’un orgasme obstétrical. Sexologies, 2013 ; 22 : 165-168


Articles similaires

Réalisation & référencement Simplébo   |   Site partenaire de Annuaire Thérapeutes

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.