Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
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Place de l’hygiène de vie et des pratiques complémentaires dans le traitement de la sécheresse vaginale

Sexologie

Une hydratation vaginale correcte permet de maintenir l’humidification optimale de la muqueuse afin qu’elle conserve sa souplesse.

Trop souvent qualifiée de « petit problème » gynécologique, la sécheresse vaginale est bien loin d’être un petit problème de la vie des femmes et est aussi bien loin de ne les embêter que lors de la ménopause. Elle peut accompagner la prise de pilule contraceptive, la survenue ou le décours d’une infection vaginale, etc., mais peut aussi traduire ou être la conséquence de difficultés affectives tant le vagin peut jouer un rôle « d’éponge émotionnelle ».

 

Une insuffisance de sécrétion de la muqueuse vaginale

La sécheresse vaginale se définit par l’insuffisance de sécrétion de la muqueuse vulvo-vaginale.

Cette insuffisance de sécrétion peut, selon sa cause, être continue ou ponctuelle, souvent alors lors des rapports sexuels.

Physiologiquement, les sécrétions vaginales sont entretenues par la sécrétion hormonale d’estrogènes et elles jouent un rôle majeur dans le maintien de la flore vaginale normale en assurant un pH compris entre 4 et 5 ce qui protège de la prolifération de germes pathogènes à l’origine des infections vaginales ou vaginites.

L’abondance de cette sécrétion varie :

  • Selon les femmes et les périodes du cycle.
  • Selon les circonstances : elle est stimulée et augmentée lors des rapports sexuels et joue un rôle majeur dans la lubrification facilitant la pénétration. Elle peut toutefois être réduite lors du 1er rapport sexuel du fait du stress de la pénétration.
  • Selon le cycle de la vie génitale : diminution lors de la ménopause (carence en estrogènes), semaines suivant l’accouchement.
  • Selon des facteurs exogènes comme la prise de certains médicaments asséchant les muqueuses (antihypertenseurs, antidépresseurs, antihistaminiques), certaines pilules contraceptives faiblement dosées en estrogènes, une intolérance à des contraceptifs locaux, à des lubrifiants ou à des préservatifs.
  • Selon l’état psychique de la femme : sensibilité au stress et aux émotions, dépression. La sécrétion vaginale est aussi médiée par le système nerveux et les états de stress ont des répercussions négatives inhibitrices.
  • Lors d’une infection gynécologique (vaginite, vulvo-vaginite).
  • Lors de maladies dermatologiques pouvant atteindre la sphère génitale (dermite séborrhéique, lichen, etc.).
  • Dans le contexte de traitements de certains cancers (certaines chimiothérapies et radiothérapies).
  • Lors de mauvaises habitudes d’hygiène intime, soit négligence soit plus souvent toilettes trop fréquentes et agressives pour les muqueuses génitales, déséquilibrant la physiologie de la flore normale.
  • Dans le manque de désir sexuel ou dans le vaginisme où la crainte de la douleur vient bloquer la sécrétion et l’excitation génitale.

 

En pratique, les principales causes de sécheresse vaginale sont représentées par :

  • La ménopause où la sécheresse s’intègre dans les troubles trophiques génitaux dus aux modifications hormonales spécifiques de la ménopause.
  • Les troubles du désir sexuel.
  • Les effets secondaires de traitements médicamenteux.

 

Signes et symptômes de la sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale concerne environ 4 femmes sur 10 au cours de leur vie et 60% des femmes ménopausées.

Les symptômes d’une sécheresse vaginale se confondent avec ses conséquences sur la vie quotidienne et sur la vie génitale de la femme :

  • Démangeaisons vulvo-vaginales.
  • Sensations de brûlures vaginales ou vulvaires.
  • Infections vaginales favorisées par le déséquilibre de la flore bactérienne normalement présente sur la muqueuse génitale (flore de Döderlein).
  • Dyspareunie, douleurs lors des rapports sexuels, notamment lors de la pénétration.
  • Fissure vulvo-vaginale due à la fragilité muqueuse secondaire à la sécheresse des tissus.

Le diagnostic de sécheresse vaginale ainsi que le diagnostic de sa cause est fait par l’examen gynécologique qui devra être réalisé de façon douce et atraumatique pour la muqueuse fragilisée par la sécheresse.

Il est ainsi fortement recommandé de consulter un médecin généraliste ou un gynécologue, notamment pour dépister une infection génitale qui nécessite un traitement médical spécifique.

 

L’importance de l’hygiène de vie

L’hygiène de vie et l’hygiène intime sont des déterminants essentiels du bien-être génital de la femme.

 

L’hygiène intime

Grâce à son acidité et au mucus sécrété par les cellules vaginales et recouvrant ses parois, le vagin est « auto-nettoyant » et aucun geste d’hygiène « interne » n’est nécessaire.

Une bonne hygiène intime est indispensable pour le maintien de l’intégrité fonctionnelle de la muqueuse vaginale :

  • La toilette doit se faire simplement au niveau de la vulve avec du savon de Marseille ou un gel spécifique sans antiseptique pour la toilette intime.
  • Éviter tout excès de fréquence de la toilette intime qui perturbe fortement la flore vaginale physiologique. Une toilette quotidienne suffit.
  • Pas de douche vaginale qui déstructure totalement la flore protectrice naturelle.
  • S’essuyer toujours de l’avant vers l’arrière aux toilettes pour éviter de véhiculer des bactéries pathogènes de l’anus vers le vagin.

Une bonne option de choix de gel de toilette intime est un gel nettoyant surgras à pH physiologique neutre ou acide (pH 4,5).

L’acidité du vagin constitue en effet un frein au développement de bactéries pathogènes qui n’y trouvent pas un milieu propice à leur croissance.

D’autres facteurs d’altération de la flore vaginale sont à éviter :

  • Le tabagisme dont les méfaits résident aussi dans l’induction d’un déséquilibre de la flore vaginale via la toxicité du monoxyde de carbone véhiculé dans le sang.
  • L’usage de déodorant intime, toxique pour la flore bactérienne normale.

Le maintien de l’intégrité physiologique de la flore vaginale passe également par des recommandations vestimentaires :

  • Éviter les pantalons trop serrés à l’origine d’irritations.
  • Préférer des sous-vêtements en coton, réduisant le risque de macération.

Il importe aussi de changer régulièrement de protection intime durant la période des règles.

 

Alimentation

Une bonne hydratation régulière est recommandée pour favoriser l’hydratation des muqueuses : boire environ 1,5 litres d’eau par jour, répartis au cours de la journée.

Certains aliments peuvent avoir une action favorable sur l’équilibre de la flore vaginale, notamment par leur action probiotique :

  • Yaourts natures, riches en levures et bactéries (Lactobacillus acidophilus) bénéfiques à la flore vaginale.
  • Kimchi (chou fermenté coréen).
  • Choucroute.
  • Kéfir (boisson fermentée).

L’avocat et les fruits à coque comme les noix, les amandes ou les noisettes sont riches en huiles végétales et en vitamine E et, consommés régulièrement, peuvent aider à la prévention de la sécheresse vaginale.

Les produits à base de soja (tofu, fève édamame) pourraient être bénéfiques pour leur teneur en isoflavones estrogènes-like mais demanderaient qu’on en consomme des quantités énormes pour avoir un effet estrogénique sur la muqueuse vaginale.

 

Les compléments alimentaires

Certains compléments alimentaires favorisent l’hydratation muqueuse et son maintien :

  • Huile de bourrache.
  • Huile d’onagre.
  • Huiles de poisson.
  • Huile de germes de blé.

Toutes ces huiles sont riches en oméga 3 et en oméga 6 qui favorisent l’hydratation des muqueuses et présentent un effet anti-inflammatoire qui apaise et cicatrise les muqueuses irritées.

Elles s’administrent à raison de 2 à 4 gélules par jour en cures de 3 mois, plus longtemps en cas de sécheresse post-ménopausique.

On les trouve commercialisés sous les noms de Ménophytea Hydratation Intime, Luboral, Donalis, etc., par exemple.

 

Activité physique

Avoir une activité physique régulière est un élément de base de l’hygiène de vie. Si elle n’a pas d’action directe sur la sécheresse muqueuse, elle présente néanmoins un bénéfice indirect en favorisant la circulation sanguine et donc la bonne vascularisation et hydratation de l’appareil génital et des muqueuses vulvo-vaginales.

L’activité physique favorise également la libido et favorise l’activité sexuelle qui à son tour est un facteur d’entretien fonctionnel de l’hydratation vaginale.

 

L’usage d’un gel lubrifiant

L’utilisation d’un gel ou lubrifiant intime est la solution la plus simple en pratique pour ne pas souffrir lors de la sexualité et pour soulager l’inconfort lorsqu’il est permanent.

 

Dans le contexte de la sexualité

L’utilisation de gel intime doit obéir à certaines recommandations pour apporter le meilleur confort en toute sécurité.

  • L’application initiale d’un gel lubrifiant est externe, vulvaire, avec dépôt d’une « noisette » à l’entrée du vagin. Il peut être appliqué sur l’ensemble de la vulve ainsi que sur le sexe du partenaire et son application intégrée aux préliminaires.
  • Les lubrifiants à base d’acide hyaluronique sont recommandés en priorité car ils hydratent la muqueuse vulvo-vaginale et ont des propriétés cicatrisantes en plus de leur action lubrifiante. Ils doivent toutefois être appliqués 1 à 2 heures avant le rapport sexuel (effet retard) ce qui nécessite un timing précis pas toujours évident à suivre.
  • Les gels intimes hydratants à l’eau sont d’une excellente efficacité pour faciliter la pénétration mais s’évaporent rapidement et nécessitent donc plusieurs applications. Le plus simple est à base d’eau et de glycérine.
  • Les gels à l’eau et au polyacrylamide agissent plus longtemps en déposant un film humectant sur la muqueuse.
  • Les gels au silicone apportent une excellente lubrification mais sont plus glissants.

Il est recommandé d’éviter les lubrifiants à base de vaseline car ils peuvent être irritants pour les muqueuses. De plus, la vaseline ne doit pas être utilisée lorsque les rapports ont lieu avec préservatif (perte de leur étanchéité).

Des gels plus « sexy » sont proposés avec des sensations de chaud ou autres diverses sensations, il convient de se méfier des risques d’intolérance aux composés ajoutés.

 

Dans le contexte de sécheresse vaginale continue

Les gels lubrifiants avec applicateur intravaginal, canule monodose ou sous forme d’ovules sont indiqués dans les sécheresses vaginales chroniques et douloureuses en dehors des rapports sexuels. Ils renferment de l’acide hyaluronique à forte concentration à libération prolongée associé à des polymères relâchant progressivement de l’eau. Ils sont appliqués tous les 2 ou 3 jours de façon systématique en dehors des rapports sexuels.

 

Lubrifiants, huiles et ovules naturels

Certains produits naturels peuvent constituer des lubrifiants particulièrement efficaces :

  • Gel à l’Aloé vera non seulement hydratant mais aussi apaisant pour les muqueuses, appliqué sur les parties génitales une fois par jour pendant 2 semaines en dehors des règles puis répété si besoin.
  • Capsules ou ovules vaginaux à base de calendula, d’huile d’onagre ou d’Aloé vera, insérés régulièrement 2 à 3 fois par semaine.
  • Crème au calendula.

Les huiles de millepertuis et de coco représentent des traitements naturels au long cours de la sécheresse vaginale :

  • L’huile de millepertuis est rouge et a tendance à tâcher les vêtements.
  • L’huile de coco est donc souvent préférée et possède également des propriétés antifongiques (en complément du traitement médical d’une vaginite candidosique) et anti-inflammatoires apaisantes sur une muqueuse irritée.
  • Elles s’administrent en application interne (vagin) et externe (vulve) : une noisette en massage doux 2 fois par jour.
  • Leur action est renforcée par l’utilisation d’un savon non décapant pour l’hygiène intime comme une huile lavante réparatrice.
  • Ces huiles sont hydratantes mais non lubrifiantes, leur utilisation pour les rapports sexuels n’apporte pas le confort d’un gel lubrifiant. Elles ne sont donc pas conseillées dans ce contexte, d’autant plus que l’huile de coco dégrade le latex des préservatifs et le rend poreux.

Les huiles d’amande douce ou d’olive peuvent également être utilisées mais toujours en dehors de l’usage de préservatifs qu’elles dégradent.

On choisira toujours plutôt un produit bio sans excipent afin de limiter les risques de survenue d’une intolérance.

 

Prise en charge sexologique

Une activité sexuelle régulière favorise la vascularisation du vagin et donc l’apport à la muqueuse d’eau et de substrats pour la synthèse des sécrétions vaginales.

Une sexualité régulière permet également, chez les femmes ménopausées, d’entretenir la souplesse des parois vaginales et donc de s’opposer à la progression d’une atrophie.

 

Importance des préliminaires en cas de sécheresse vaginale

La place des préliminaires est importante en cas de sécheresse vaginale car ils induisent une augmentation de la sécrétion muqueuse avec l’augmentation du désir.

Outre le plaisir de la sensualité et de la montée de l’excitation, une des fonctions des préliminaires est en effet de préparer l’appareil génital féminin au rapport sexuel en stimulant la production de sécrétion qui va lubrifier les parois vaginales.

 

Prise en charge spécifique d’un trouble sexuel

Sur le plan du traitement de certaines causes de sécheresse vaginale, la prise en charge sexologique permet la prise en charge thérapeutique :

  • D’un vaginisme.
  • D’un trouble du désir sexuel associé.
  • D’une difficulté de couple dont la sécheresse vaginale lors des rapports sexuels pourrait être une conséquence liée au stress du conflit.

Elle peut également constituer un accompagnement nécessaire pour la reprise d’une sexualité post-accouchement ou après traitement d’un cancer.

 

Sécheresse vaginale et usage de préservatif

Il importe de préciser qu’en cas de sécheresse vaginale, la lubrification commerciale des préservatifs est insuffisante et il est recommandé d’ajouter du gel lubrifiant sur sa surface pour éviter que le rapport risque d’être douloureux pour sa partenaire.

Il faut utiliser du gel aqueux (à base d’eau) et non un gel huileux qui altère le latex (risque de porosité et de déchirure).

 

Yoga, Tai Chi

La pratique du Yoga ou du Tai Chi ne sont pas des traitements au sens propre des troubles de l’hydratation vaginale mais constituent des pratiques de gestion de ses émotions et de prise de conscience corporelle bénéfiques lors des changements corporels liés à la ménopause.

Certaines postures centrées sur la respiration (Kapalbhati) et sur la souplesse et l’équilibre corporel (Tadasana, Pada Hastasana, lotus, arbre) sont particulièrement recommandées chez les femmes ménopausées.

Certains programmes de yoga spécifiques à la vie génitale de la femme (« yoga hormonal ») ont été développés.

 

Relaxation

La relaxation constitue une aide précieuse pour la prise en charge du stress lié à la sécheresse vaginale, notamment liée à la peur et à l’anticipation de l’échec lors de la pénétration sexuelle.

Elle apporte aussi une aide notable à la gestion du stress et à l’acceptation des modifications corporelles liées à la ménopause.

Elle peut s’associer à des exercices périnéaux permettant une mobilisation musculaire du plancher pelvien favorable à une bonne circulation sanguine dans la région génitale, favorisant ainsi l’hydratation vaginale.

Enfin, elle représente un abord thérapeutique de choix pour la prise en charge des troubles émotionnels et du stress associés aux difficultés de couple et aux troubles sexuels (trouble du désir, vaginisme) pouvant entraîner une sécheresse vaginale. Elle est également indiquée dans d’autres contextes stressants pouvant générer une sécheresse vaginale (cancers hormono-dépendants traités, pathologies dermatologiques, douleurs, etc.).

 

Hypnose

Lorsque la sécheresse vaginale est liée à un trouble sexuel (baisse du désir, vaginisme), l’hypnose peut représenter un traitement de choix du trouble à l’origine de la sécheresse.

 

Lopes P. Syndrome génito-urinaire de la ménopause. Rev. Prat. MG, 2020 ; 34 : 828-830

Mares P et coll. La sécheresse vaginale. Rev. Prat., 2001 ; 51 : 155-158


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