Philippe Schwartz
Sexothérapeute Relaxation à Paris 16
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Sexothérapie

Les interfaces numériques et les robots sont de plus en plus présents dans notre quotidien humain. Ils génèrent anxiété, angoisses, doutes ou inversement croyances de bonheur et de facilités pour l’avenir. Dans le domaine de la sexualité aussi les progrès technologiques ont amplifié le choix des offres avec internet, la réalité virtuelle et les objets sexuels connectés. Des poupées aux mannequins sexuels et aujourd’hui avec les robots sexuels, les progrès ont également été rapides. Au point de s’en inquiéter.

 

Une évolution inscrite dans l’histoire de la chosification sexuelle

Les robots sexuels correspondent à l’union des chemins entre d’un côté les objets sexuels et de l’autre les évolutions technologiques :

  • Des substituts sexuels primaires comme les oreillers aux mannequins sexuels réalistes ou sexdolls, en passant par les poupées sexuelles d’un côté.
  • Les sextoys comme les vibromasseurs ou les vagins artificiels à la réalité virtuelle en passant par les objets sexuels connectés (cyberdildonics) de l’autre, qui constituent les objets de la digisexualité.

 

Un robot sexuel ressemble à une poupée sexuelle

Les robots sexuels ou sexbots sont développés à partir de poupées sexuelles élaborées dans leurs aspects physiques ou mannequins sexuels ou sexdolls.

L’apparence physique est hyperréaliste, les corps sont moulés sur des modèles humains, les matières utilisées pour leur fabrication se rapprochent au plus près des tissus humains en termes visuels et de toucher (cheveux, texture de la peau, etc.).

Leur finalisation fait appel à des maquilleurs et à des perruquiers spécialisés.

Les robots sexuels peuvent être des 2 sexes.

Il faut noter que les matériaux utilisés (silicones, maquillages, etc.) sont fragiles et sensibles aux températures extrêmes.

 

Mais un robot sexuel n’est pas une poupée sexuelle

A la différence des poupées sexuelles, les robots sexuels sont équipés en produits technologiques visant à leur donner, au-delà de leur apparence humaine, des expressions de vie proches d’un partenaire humain voire d’un compagnon ou d’une compagne humains :

  • Capteurs sensoriels sensibles au toucher, à la voix.
  • Expressivité faciale : sourire, mouvements oculaires avec suivi du regard, mimiques.
  • Capteurs sexuels sensibles à la pression et à la durée de la stimulation.

Les organes sexuels visent morphologiquement et fonctionnellement à procurer des stimulations visuelles et des sensations au plus proche de la réalité.

Les vulves sont particulièrement réalistes avec plusieurs apparences anatomiques proposées aux acheteurs. Les vagins sont constitués de silicone élastique, certains modèles élaborés sont munis :

  • D’une éponge imbibée de gel lubrifiant simulant les sécrétions vaginales.
  • De capteurs de plaisir sensibles à la pression et au temps déclenchant une fonction vocale (gémissements par exemple) de la part du robot.

Les pénis sont constitués d’un godemichet réaliste. Certains robots élaborés sont munis d’un godemichet érectile et des godemichets connectés reliés à une application spécifique permettant une activation à distance sont apparus récemment.

Certains robots sont équipés d’une motorisation de leur tête permettant la réalisation de mouvements actifs de fellation.

 

Vers des compagnons de vie

Tous ces équipements technologiques vont bien plus loin que seulement procurer ou amplifier les sensations sexuelles.

En dotant les robots de capacités attentionnelles apparentes (eye-tracking, réactivité aux bruits comme le « réveil » automatique) et de l’expression d’affects émotionnels via des mouvements du visage, le robot devient artificiellement actif dans la relation.

Cette évolution vers des compagnons de vie est encore plus nette avec l’incorporation de produits tels les enceintes connectées au sein des robots.

Ces apports technologiques, qu’on nomme abusivement intelligence artificielle mais qui relèvent de ce champ technologique, vont permettre :

  • La reconnaissance des visages, des voix, des objets, des musiques, etc.
  • Une programmation ou des connexions spécifiques au monde internet selon des thèmes précis (musique, sports, philosophie, cuisine, etc.).
  • Une liaison avec des objets connectés comme par exemple des applications mesurant des paramètres corporels. Un robot pourra alors déceler selon le rythme cardiaque de son interlocuteur si celui-ci est calme, énervé, excité, etc.
  • Via un synthétiseur vocal inclus dans le robot, l’élaboration de véritables conversations programmables selon différents modes relationnels (amical, romantique, sexuel, etc.), et selon différentes personnalités (intellectuelle, domination, soumission, etc.).

 

Entre les robots et les humains, « L’angoisse d’étrangeté »

Tous ces éléments confrontent à une anxiété connue face aux objets technologiques et robotiques nommée angoisse d’étrangeté et traduisant l’écart entre la perception d’humanité et la connaissance qu’il s’agit d’une machine.

Tous les développements technologiques morphologiques (ressemblance au plus proche de l’humain) et dynamiques (mimiques, voix, etc.) visent à réduire cette angoisse d’étrangeté en permettant aux utilisateurs de considérer le robot comme un humain.

 

Les robots sexuels pourraient-ils représenter des aides ou des partenaires en sexologie ?

Le recours à des robots sexuels pourrait constituer des aides sexothérapiques dans certaines situations :

  • Remède à la souffrance liée à l’isolement.
  • Orientation robotique plutôt qu’humaine de certains troubles du comportement sexuel (perversions, addiction).
  • Partenaire thérapeutique dans certains dysfonctionnements sexuels du couple.
  • Assistance sexuelle pour les handicapés.

Certains y voient un moyen de lutter contre la prostitution forcée et le traffic d’être humains.

 

Des impacts potentiels négatifs non négligeables

De nombreux arguments viennent s’opposer à la banalisation des robots sexuels et à leur usage sexothérapique :

  • Risque d’éviction des rapports humains.
  • Risque d’isolement social.
  • Renforcement de pratiques déviantes.
  • Désensibilisation à l’empathie et à la considération de l’autre.
  • Négation de l’individualité de l’autre.
  • Négation de la notion de consentement.
  • Attachement à ce qui n’est qu’une machine.
  • Renforcement d’un fantasme de toute puissance sur l’autre.
  • Libération de comportement pulsionnels non admis dans les relations sociales interhumaines.
  • Place que pourrait prendre la sexualité robotique dans la vie amoureuse, érotique, affective, sensuelle réelle et inversement évolution de la place de la vie sexuelle et affective réelle si la sexualité robotique se généralisait.

Un autre risque, technologique, vient s’ajouter aux risques humains des robots sexuels ou des robots compagnons de vie, celui des risques de piratage des données collectées par les robots dans l’intimité des vies sexuelles, personnelles et familiales.

De nombreuses interrogations viennent aussi questionner la sexualité robotique :

  • Que devient le désir de l’autre ?
  • Que devient le plaisir sans le plaisir de l’autre ?
  • Ne va-t-on pas vers une confusion entre plaisir et bonheur ?
  • Que deviennent l’avant (séduction, naissance du désir) et l’après (connaissance, ressenti, etc.) du sexe ?
  • Que devient l’amour dans la relation robotique ?
  • Que devient la surprise, l’émoi dans la relation robotique ?
  • Que va-t-il rester de la sexualité, des relations interhumaines si on les dénature dans des relations robotiques sexuelles ou de vie, si on les maltraite en ce qu’elles sont réellement ?

Mais aussi une question importante pour l’individu : peut-on dire qu’une relation robotique est moins authentique pour l’individu concerné ?

Et enfin, sur le plan sexologique, d’autres questionnements font irruption :

  • Va-t-on voir apparaître un nouveau champ pathologique, celui de la souffrance relationnelle d’un humain avec un robot ? celui d’une désynchronisation d’un individu avec le monde humain ?
  • Le développement de l’intelligence artificielle conduira-t-il un jour à recevoir des robots en consultation avec des questions sur leur existence, sur leurs origines, sur leurs « émotions » ? sur leur incompréhension de l’humanité…

 

 

Source : Schwartz P. Les robots sexuels, de la vallée de l’étrange à la silicone vallée. Communication au Congrès de l’Encéphale, janvier 2019

 


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