Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
36 rue Scheffer, 75116 Paris 16
 
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Les différents types de sexothérapies

Sexologie

Le modèle de Masters et Johnson

Ce modèle considère le couple comme une entité unique et c’est à cette entité que le traitement sexothérapique s’intéresse.

Chaque partenaire doit apprendre et apprendre à faciliter le comportement sexuel de l’autre.

La prise en charge est spécifiquement axée sur le trouble sexuel et comporte un temps initial de développement de la communication sur la sexualité au sein du couple (attentes de l’un et de l’autre, vécu de leur sexualité, etc.).

Le deuxième temps de la sexothérapie est comportemental centré sur des interactions sensuelles. Les consignes sont précises et comprennent des tâches comportementales et des tâches de communication corporelle (caresses, écoute de l’autre, etc.).

Les attendus de ce travail sont :

  • La sortie du non-dit entre les partenaires quant à leurs désirs et leurs émotions sensuelles et sexuelles, notamment la peur de dévoiler ses peurs face à l’autre (être jugé, ne pas être désiré, se sentir ridicule, etc.). Inversement, on peut aussi souligner l’importance de pouvoir dire son absence de désir de faire l’amour à un moment donné sans avoir peur de contrarier l’autre.
  • La disparition de la peur de l’échec sexuel.
  • Instituer chaque partenaire en tant qu’acteur de sa propre sexualité et de la sexualité du couple et non plus comme observateur passif de son problème sexuel.

 

Communication verbale et corporelle : le Sensate Focus

Le Sensate Focus est une technique de base pour la communication à la fois verbale et corporelle dans le couple.

Il consiste en une prescription d’échanges et de caresses réciproques associée à une interdiction de la pénétration tant que les objectifs des différentes étapes progressives ne sont pas remplis, c’est-à-dire réalisée et assimilées par les deux membres du couple :

  • Étape 1 : caresses réciproques sur tout le corps à l’exception des zones érogènes (organes génitaux mais aussi seins, aisselles, face interne des cuisses, etc.).
  • Étape 2 : caresses réciproques sur tout le corps incluant les zones érogènes mais pas les zones génitales.
  • Étape 3 : caresses réciproques sur tout le corps y compris zones érogènes et génitales avec autorisation de la masturbation réciproque et de la jouissance orgasmique.
  • Étape 4 : caresses réciproques sur tout le corps, les zones érogènes et génitales, masturbation, orgasme et rapport sexuel avec pénétration.

Les premières étapes permettent au couple de ne plus être focalisé sur la pénétration, l’éjaculation et sur l’obtention d’un orgasme. Elles permettent ainsi de s’approprier une sexualité libérée de l’anxiété d’anticipation d’un échec sexuel qu’il s’agisse d’un trouble de l’érection, d’un trouble de l’éjaculation ou d’une difficulté orgasmique. Le couple se recentre sur son désir et son plaisir sensuel au présent des sensations et des perceptions.

Une étape est considérée comme assimilée lorsque les échanges verbaux et corporels sont synchronisés, qu’une intimité satisfaisante est rétablie dans le couple, que l’attention à l’autre est présente et que le plaisir de l’un est ressenti ou également un plaisir pour l’autre.

Chaque étape peut être assortie de prescriptions spécifiques en fonction du trouble sexuel.

 

Un exemple de technique comportementale : le Squeeze

La technique du Squezze est un traitement comportemental de l’éjaculation prématurée et vise au patient à rééduquer son réflexe éjaculatoire.

Le principe repose sur l’aide active de la partenaire et sur la passivité de l’homme :

  • L’homme est allongé sur le dos, passif et focalisé sur les sensations érotiques.
  • Sa partenaire est à genou ou assises face à lui entre ses jambes et caresse le pénis.
  • Lorsque le plaisir ressenti par l’homme atteint le moment qui précède l’éjaculation (point dit de non-retour ou phase dite pré-orgasmique), il le fait savoir à sa partenaire par un geste convenu entre eux de façon à rester au mieux focalisé sur les sensations corporelles ressenties.
  • La partenaire comprime alors fortement le gland avec son pouce sur le frein (unissant le gland au corps du pénis à sa face inférieur) ce qui pour effet d’inhiber la survenue réflexe de l’éjaculation.
  • Cette compression n’est pas douloureuse.

Une variante, appelée « Stop and go », consiste en un arrêt immédiat des caresses génitales par la partenaire, qui va alors caresser le corps de l’homme de façon relaxante pour diminuer l’excitation génitale.

La technique est répétée 2 à 3 fois puis la survenue de l’éjaculation et de l’orgasme est autorisée.

Il s’agit donc d’une véritable rééducation sexuelle du réflexe éjaculatoire. Elle repose sur 3 éléments essentiels :

  • Bonne entente dans le couple et désir réel et partagé d’obtenir un résultat.
  • Adhésion totale des deux membres du couple.
  • Patience.

Ces exercices, pratiqués initialement en dehors de toute pénétration, sont ensuite effectués :

  • Durant des pénétrations passives, la partenaire étant au-dessus de l’homme et la pénétration ayant d’abord lieu sans mouvement sexuel puis progressivement avec des mouvements de va-et-vient.
  • Lorsque l’homme avertit sa partenaire de l’imminence de son éjaculation, celle-ci se retire et pratique une manœuvre de Squezze suivie de caresses corporelles relaxantes non génitales.
  • Lorsque le réflexe éjaculatoire est maitrisé dans une position, une autre position est alors autorisée selon la succession amazone (femme au-dessus de l’homme), latérale (« petites cuillères ») puis position du missionnaire (homme allongé sur sa partenaire de face).

Cette progression par étapes est une condition essentielle pour le succès de cette sexothérapie.

La durée moyenne de la rééducation est d’environ 3 mois pour obtenir une maîtrise satisfaisante de l’éjaculation dans toutes les positions appréciées par le couple.

Elle peut être associée à des traitements pharmacologiques visant à ralentir la survenue de l’éjaculation et constitue une rééducation à part entière non seulement du trouble de l’éjaculation mais aussi de l’intimité du couple.

 

Quelques autres techniques comportementales

On peut citer :

  • Les exercices de pénétration graduée indiqués dans les dyspareunies (douleurs lors des rapports sexuels) et le vaginisme.
  • Les exercices de stimulation du clitoris lors de la pénétration indiqués dans les anorgasmies vaginales.
  • L’entraînement à la masturbation, indiqué dans les difficultés orgasmiques de la femme.

 

Le modèle de Kaplan

Le modèle de Kaplan considère la réponse sexuelle comme la succession de trois phases, désir, excitation, orgasme, et intègre une dimension psychothérapique, en faisant ainsi une des premières thérapies dites intégratives.

Elle associe notamment :

  • La verbalisation des ressentis émotionnels et des conflits psychiques (blocages) au niveau individuel.
  • Des exercices de Sensate Focus.
  • Une observation et une analyse des interactions dans le couple : don et réception du plaisir, acceptation ou refus des caresses, comportements d’écoute ou d’opposition, type de relations dans le couple (maître ou élève, comportement d’enfant ou de parent, domination et soumission, etc.).
  • Un travail sur la vulnérabilité au stress lors des rapports sexuels et dans les comportements et ressentis personnels des individus.

Ses objectifs sexothérapiques visent :

  • A trouver une sexualité satisfaisante et stable en accord avec l’existence de la vulnérabilité au stress des partenaires.
  • A synchroniser les interactions émotionnelles et sensuelles du couple.

 

La reprogrammation sexuelle

La reprogrammation sexuelle dérive des thérapies cognitivocomportementales selon leurs deux composantes :

  • Interventions comportementales : désensibilisation, exposition progressive, reprogrammation de la sensorialité, etc. selon le trouble présenté, rééducation à l’écoute des attentes de l’autre.
  • Restructuration cognitive avec intervention au niveau des croyances et des représentations sur la sexualité.

Elle se double d’un aspect informatif et éducatif des deux partenaires concernant la physiologie et la santé sexuelle.

 

Les sexothérapies cognitives

Dans leur visée sexothérapique, les thérapies cognitives sont essentiellement axées sur l’affirmation de soi, le renforcement de l’estime de soi et l’acquisition d’habiletés sociales tournées vers l’autre.

Elles sont notamment basées sur un travail de réduction du stress et de l’anxiété sexuelle comprenant la prise en charge du sentiment d’impuissance et la perte du sentiment d’efficacité personnelle.

Elles s’adressent en général aux sujets dont les difficultés sexuelles sont associées à un trouble anxieux, à des troubles obsessionnels, à un manque de confiance en soi, à de sujets ayant adopté des comportements d’évitement de la sexualité.

 

Les sexothérapies psychocorporelles

Ces sexothérapies s’intéressent aux interactions entre corps et psychisme et font intervenir les techniques de médiation corporelle comme la relaxation ou les massages.

Elles s’intéressent au trouble sexuel mais également à la santé psychosomatique dans sa globalité.

Elles sont axées sur :

  • La diminution des tensions musculaires défensives : vaginisme par exemple.
  • La diminution des tensions corporelles liées à l’anxiété de performance ou d’anticipation d’un échec sexuel, aux états d’anxiété par rapport à la sexualité.
  • Le manque de focalisation et de concentration sur les perceptions et les sensations corporelles.
  • L’ici et maintenant, la chasse des idées parasites venant perturber la conscience et le ressenti du moment présent.
  • Les inhibitions comportementales dans la sexualité par l’apprentissage du lâcher-prise.
  • La prise de conscience corporelle via un travail sur la respiration et le toucher et, partant de là, la prise de conscience de soi et l’ouverture aux caresses de l’autre.
  • Le corps du sujet comme capable de façon autonome d’en percevoir des sensations agréables, d’en éprouver un bien-être sans toujours attendre que ça ne vienne que par les caresses de l’autre.
  • Dans le contexte sexologique, la prise de conscience de la musculature périnéale, de sa capacité à en contrôler les contractions et la décontraction (particulièrement dans les troubles de l’érection, les troubles orgasmiques et dans le vaginisme).
  • La verbalisation des sensations voire émotions ressenties.

Ce travail psychocorporel permet de passer par la détente et le bien-être corporel pour avoir une action sur l’anxiété sexuelle.

 

Les sexothérapies basées sur la communication

On parle également d’approche systémique.

La communication au sein du couple est une dimension importante qu’on retrouve dans toutes les sexothérapies.

Les sexothérapies dites de communication s’adressent particulièrement aux couples dont un seul des partenaires vient consulter pour un trouble sexuel le concernant spécifiquement mais dont l’autre partenaire ne s’estime pas impliqué dans ce trouble ni dans sa prise en charge.

Or toute difficulté sexuelle d’un des partenaires a un retentissement sur la vie sexuelle du couple, sur le bien-être du couple. Lorsque la vie sexuelle d’un couple s’est modelée sur une sexualité dysfonctionnelle (comportements sexuels, acceptation d’une frustration, absence de communication sexuelle, ressentiment et non-dit, habitudes solitaires de compensation, etc.), il importe de prendre en compte l’autre partenaire afin d’évaluer et de prévenir ses réactions face à l’amélioration du trouble sexuel et les conséquences sur la sexualité du couple.

Par ailleurs, l’intervention du partenaire est parfois nécessaire dans la prise en charge d’un trouble sexuel chez son partenaire (dans l’éjaculation prématurée par exemple).

La sexothérapie de communication vise ainsi plusieurs objectifs :

  • Apprendre au couple à verbaliser et échanger sur le vécu sexuel.
  • Savoir exprimer à l’autre ses sensations et aussi ses attentes et ses désirs.
  • Apprendre à être à l’écoute des sensations, attentes et désirs de l’autre.
  • Favoriser la capacité à s’exprimer pour soi-même (« je ») plutôt que d’attribuer un ressenti ou un désir à l’autre (« tu ») : « je ressens ça quand tu fais ça », « j’aimerais bien ça » plutôt que « tu aimes ça » ou « tu me fais ça ».

 

Du « tu » au « je » et du « je » au « nous »

Cette différence de formulation dans l’expression de ses attentes et de ses désirs sexuels permet de repositionner les partenaires dans leurs propres désirs et ressentis (« je ») plutôt que dans l’attribution de ressenti à l’autre ou dans une demande qui s’imposerait à l’autre (« tu »).

D’une part, on fait l’amour pour donner du plaisir à son ou sa partenaire mais on fait aussi l’amour pour soi et avoir envie de ressentir du plaisir est un des moteurs du désir. D’autre part, il ne faut pas tout attendre de son partenaire et s’en remettre à sa seule initiative pour réveiller le désir et provoquer une rencontre sexuelle. Si chacun agit ainsi, la sexualité du couple ne peut que disparaître progressivement.

Une fois la capacité de s’exprimer pour soi consolidée, le travail se fera sur le passage vers le « nous » pour tout ce qui concerne l’engagement de chaque partenaire dans la construction et l’investissement dans le couple à long terme.

L’indépendance des envies sexuelles et leur affirmation ainsi que la solidité d’un désir commun pour le maintien du couple sont des piliers essentiels de la construction et de la stabilité du couple.

 

Pourquoi ne communique-t-on pas sur le sexe au sein d’un couple ?

Une étude américaine réalisée en 2019 a montré que 55% des femmes auraient envie de parler de leur sexualité avec leur partenaire mais n’y arrivent pas.

Les principales raisons évoquées étaient :

  • La peur de faire de la peine à leur partenaire pour 42% d’entre elles.
  • L’absence d’envie de dévoiler leurs fantasmes pour 40%.
  • Être gênée ou avoir honte de révéler leurs désirs sexuels pour 38%.
  • Ne pas savoir comment aborder ou formuler leurs envies auprès de leur partenaire pour 35%.

 

La bibliothérapie

Le livre peut constituer un support de soins à part entière et être un vecteur de la relation thérapeutique.

Plusieurs types de thématiques peuvent être utilisées :

  • Ouvrages d’information et d’éducation sexuelle, sur le bien-être sexuel, etc.
  • Ouvrages de conseils directs sexuels ou sensuels : caresses, massages.
  • Ouvrages concernant la connaissance de soi, l’attachement, l’amour, etc.
  • Ouvrages de fictions érotiques.

Les livres peuvent être lus à titre personnel mais aussi être utilisés dans le cadre de la thérapie :

  • Supports d’échanges et de questions lors des consultations.
  • Prescription de lectures orientées en fonction des symptômes sexuels, des propos des sujets, etc.
  • Lecture en consultation et discussion voire travail en rapport avec le thème lu.

La bibliothérapie constitue ainsi une modalité de sexothérapie et va par exemple utiliser des livres et supports traitant d’anatomie et de physiologie sexuelle, de fantasmes sexuels, des manuels comme sur le Sensate Focus par exemple, etc.

Les effets de ces lectures, outre l’information qu’elles peuvent apporter, peuvent permettre de mettre en évidence des associations d’idées, des résurgences de souvenirs oubliés parfois traumatiques, des blocages, des croyances erronées, de libérer l’imaginaire érotique et réactiver des excitations fantasmatiques, etc.

 

De multiples développements et adaptations ont réalisés depuis les modèles initiaux de Masters et Johnson et de Kaplan mais ceux-ci conservent leur valeur et leur fiabilité. Les adaptations réalisées semblent en avoir néanmoins amélioré le maintien des bénéfices à long terme.

 

Bonierbale M. Les sexothérapies et leur évolution. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016

Grafeille N. Thérapies de couple : indications, contrat thérapeutique et suivi. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie. Elsevier Masson Ed., Paris, 2014

La bibliothérapie en sexologie. In Mignot J et coll. Psycho-sexologie. Dunod Ed., Malakoff, 2013

Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017


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