Philippe Schwartz
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Les causes de l’éjaculation prématurée

24 Jan 2022 Philippe Schwartz Sexologie

Une étiologie comportementale

Une éjaculation rapide est naturelle, en lien avec les réflexes archaïques existant depuis l’origine de l’homme. En effet, une éjaculation rapide était un impératif comportemental lié à la survie lors du moment de vulnérabilité accrue aux prédateurs que représentait le rapport sexuel.

Avec le développement de l’humanité, la sexualité reproductive a fait place à une sexualité de plaisir, l’obtention de celui de la femme nécessitant chez l’homme un allongement du délai d’éjaculation.

Le réflexe éjaculatoire est un réflexe conditionné, historiquement par le besoin de réduire sa vulnérabilité pendant le coït, et dans le cas de l’éjaculation prématurée par sa rapidité auto-entretenue, en particulier par la masturbation. Il est particulièrement inscrit dans un fonctionnement réflexe indépendant de la volonté.

La sérotonine apparait comme un neuromédiateur clé au sein de ce circuit réflexe avec une action inhibitrice retardant le déclenchement de l’éjaculation. Le trouble de la transmission sérotoninergique, avec déficit en sérotonine, dans le système nerveux central serait lié à une vulnérabilité génétique.

 

Les débuts de l’activité sexuelle lors de l’adolescence représentent une période essentielle pour l’apprentissage de la maîtrise du réflexe éjaculatoire.

Cet allongement du délai d’éjaculation et l’apprentissage de la maîtrise du déclenchement de son éjaculation se font lors de l’adolescence et des premiers rapports sexuels.

On peut comparer l’apprentissage du réflexe éjaculatoire, ou plutôt de la gestion de son excitation, à l’apprentissage des réflexes sphinctériens urinaire et anal.

De multiples éléments peuvent empêcher cet apprentissage : situation non sécure des premiers rapports sexuels (peur d’être surpris, manque de lieu favorable pour débuter sa sexualité, premiers rapports sexuels hâtifs, masturbations rapides, etc.), manque de confiance en soi, anxiété, culpabilité, etc. Un automatisme réflexe risque alors de s’inscrire durablement dans le circuit réflexe du déclenchement de l’éjaculation.

 

Des causes psychologiques

Des difficultés dans la régulation de sa réactivité émotionnelle, les états anxieux et dépressifs, les difficultés relationnelles dans le couple constituent des facteurs favorisant l’éjaculation prématurée.

L’anxiété de performance sexuelle est une cause fréquente d’éjaculation prématurée.

Le stress lié à l’anxiété pourrait en effet abaisser le seuil du réflexe éjaculatoire en activant le système nerveux sympathique.

Les relations conflictuelles de couple peuvent être masquées par le désir de non satisfaction des besoins sexuels de sa partenaire.

D’autres facteurs psychologiques favorisent l’éjaculation prématurée comme la peur des femmes ou d’autres conflits psychiques à l’origine de peurs inconscientes ou des traumatismes sexuels anciens (agression, reproches, chagrin d’amour, etc.).

 

Parfois des causes physiques

Certaines anomalies morphologiques de la verge comme une brièveté du frein (situé à la face inférieure de la verge au niveau de la base du gland) peuvent stimuler rapidement le réflexe éjaculatoire.

Les infections de la prostate (prostatites) peuvent également entraîner des éjaculations prématurées vraisemblablement du fait d’un état inflammatoire chronique.

Des séquelles inflammatoires d’infections génitales peuvent jouer le rôle d’épine irritative réduisant le délai éjaculatoire.

Des éjaculations prématurées ont été rapportée comme secondaire à une hyperthyroïdie.

 

La vie moderne comme contexte favorisant

Les modes de vie modernes sont placés sous le signe de la vitesse qu’il s’agisse des transports, des outils de communication, de la rentabilité professionnelle, du consumérisme, etc. Nous sommes conditionnés à la rapidité au nom de l’efficacité et nous ne savons plus prendre notre temps ni attendre. Cette pression du temps diffuse dans nos temps de loisirs et dans nos temps intimes.

Cette pression du temps et ses répercussions sur la vie sexuelle concerne autant les adultes que les adolescents et les étudiants. Elle diffuse jusque dans l’apprentissage de la sexualité où les notions de performance et de compétition se trouvent renforcées au sein des groupes et s’ajoutent à l’anxiété des parcours scolaires, des examens, de la sélection.

 

De nombreuses hypothèses non vérifiées

Certains facteurs évoqués n’ont finalement pas fait la preuve de leur implication notable dans la survenue de l’éjaculation prématurée : hypersensibilité du pénis ou du gland, augmentation du potentiel musculaire bulbocaverneux, etc.

Les hypothèses hormonales, liées à la personnalité ou au fonctionnement cognitif n’ont pas non plus fait la preuve de leur implication directe. Il semble toutefois que l’éjaculation prématurée soit plus fréquente chez les sujets souffrant de phobie sociale.

 

Arnaud M. L’utilisation de l’hypnose dans les problèmes d’éjaculation prématurée. Sexologies, 2007 ; 16 : 148-157

Kempeneers P. Revue systématique des essais consacrés aux traitements psycho-comportementaux de l’éjaculation prématurée. Sexologies, 2021 (à paraitre)

Porto R, Giuliano F. L’éjaculation prématurée. Prog. Urol., 2013 ; 23 : 647-656

Serefoglu EC et coll. An evidence-based unified definition of lifelong and acquired premature ejaculation. J. Sex. Med., 2014; 11: 1423-1441

Waynberg J. Guide pratique de sexologie médicale. Simep Ed., Paris, 1994


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