Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
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Les applications de l’hypnothérapie dans les troubles sexuels

Hypnothérapie

L’hypnothérapie est une technique privilégiée en sexologie dans la mesure où elle permet de s’adresser à la fois au corps et à l’esprit qui sont les deux acteurs indissociables de la sexualité humaine.

De plus, tout comme la sexologie, l’hypnothérapie concerne le sujet dans sa globalité et elles ont en commun :

  • L’abord de la dimension corporelle dans sa sensorialité et se présence dans l’ici et maintenant.
  • La prise en compte des dimensions affectives, relationnelles, imaginaires et érotiques.
  • L’importance de la relation de confiance entre le praticien et le patient.

Comme la sexualité, l’hypnothérapie est individuelle, non normative, laissant libre l’imaginaire du sujet, inventive et s’adaptant en permanence au sujet.

L’hypnothérapie a fait la preuve de son efficacité et d’effets objectifs sur la physiologie du cerveau.

 

Les leviers de la technique hypnotique dans les troubles sexuels

L’hypnose thérapeutique peut utiliser plusieurs leviers techniques, notamment envers plusieurs grandes dimensions des symptômes sexuels.

 

Modification des schémas d’automatisation comportementale ou d’ancrage émotionnel

L’automatisation d’un symptôme correspond à son passage de comportement réactionnel à un comportement réflexe dans une situation donnée. Ce passage à une réaction réflexe s’accompagne d’un renforcement du comportement symptomatique.

On parle aussi d’ancrage (ici négatif) entre un stimulus (ici la perspective d’un rapport sexuel) et un comportement ou une émotion, réactionnels (ici la peur d’un échec sexuel).

Ainsi un sujet ayant une difficulté sexuelle, trouble de l’érection ou éjaculation prématurée par exemple, va associer la crainte de ne pas arriver à une érection satisfaisante ou à retenir son éjaculation à l’apparition d’une anxiété réflexe au moment de l’acte ou même avant, et cette crainte va se transformer en angoisse d’échec réflexe, laquelle va pouvoir aller jusqu’à perturber son comportement amoureux dès la rencontre.

Cette angoisse réflexe va s’associer à des pensées négatives, dévalorisantes par exemple, fortement empreintes d’anxiété, qui vont amplifier ses peurs et ses appréhensions.

On peut utiliser la métaphore des ornières pour imager cet état d’anxiété paralysante, le sujet y tombant dès l’annonce d’une relation sexuelle et y restant prisonnier. Le principe de l’hypnose sera alors de « déprogrammer » le stimulus « relation sexuelle » du réflexe « échec » en substituant dans l’inconscient du sujet les pensées négatives par des pensées positives de plaisir et de maîtrise de son érection ou de son éjaculation.

On peut ainsi reprogrammer une autre automatisation à partir du même stimulus, en remplaçant le comportement réflexe pathogène par les apprentissages corporels, cognitifs et émotionnels appris en relaxation ou avec les techniques sexothérapiques.

 

La dissociation

Processus normal du psychisme rencontré dans le sommeil, l’endormissement, la concentration dans une activité, etc., la dissociation constitue une des bases de l’hypnothérapie et consiste en une rupture entre le corps et le conscient, laissant l’inconscient complètement réceptif aux messages sensoriels.

En dissociant les affects conscients négatifs des sensations corporelles, le sujet met à distance son problème de son ressenti émotionnel et établit le contact avec des sensations et des émotions présentes dans le réel sensoriel de l’ici et maintenant.

Cette dissociation en obtenue en hypnothérapie par l’induction qui est la première étape d’une séance d’hypnose. Elle se traduit par l’apparition d’un état de conscience modifié ouvrant l’inconscient aux sens dont les suggestions auditives inductrices de modifications des comportements réactionnels.

Les schémas comportementaux réactionnels conscients sont ainsi déconnectés du corps et l’inconscient est alors réceptif à leur modification.

Le sujet reprend le contrôle de son corps en court-circuitant les pensées négatives conscientes. On peut ainsi retravailler et amplifier les sensations corporelles et émotionnelles positives, lesquelles viendront désormais en réponse au stimulus sexuel.

 

Le lâcher-prise

Le lâcher-prise est une des conditions principales de l’envahissement par les sensations et le plaisir lors d’une rencontre érotique. Les anticipations et les pensées négatives en sont un des principaux obstacles.

Le travail en hypnothérapie permet de lever les barrières au lâcher-prise, de modifier la peur du lâcher-prise et du laisser-aller en la remplaçant par des sensations agréables en toute confiance en soi-même et en son corps.

 

Les suggestions et autosuggestions

L’hypnose thérapeutique repose également sur les suggestions de modifications comportementales qui peuvent émaner du thérapeute ou du sujet lui-même en autohypnose.

Les suggestions ne sont proposées que pour faire émerger ses propres solutions par le patient en puisant dans toutes les ressources expérientielles qui se trouvent dans son inconscient.

Par le biais de la dissociation, les suggestions et autosuggestions s’adressent directement à l’inconscient sans être filtrées par le conscient.

L’origine des symptômes réside en effet dans l’inconscient. On ne s’interdit pas consciemment d’avoir du plaisir, d’avoir une érection, etc.

On utilise des métaphores formées d’images, d’émotions, de situations dont l’inconscient comprend très bien le message symbolique caché, contrairement au filtre du conscient.

On peut comparer les réactions pathogènes liée au stimuli sexuels à des autosuggestions négatives formulées par le sujet. L’hypnothérapie permet de remplacer ces autosuggestions négatives en les recadrant avec des suggestions positives amplifiées par le bien-être et les sensations corporelles ressentis durant la séance d’hypnose.

 

Les conditions préalables à la pratique de l’hypnothérapie

  • Un bilan médical du trouble a été réalisé afin de s’assurer qu’il n’est pas exclusivement organique.
  • Le sujet ne souffre pas d’une maladie mentale contre-indiquant la pratique de l’hypnose (état psychotique par exemple).
  • La relation avec le ou la partenaire n’est pas excessivement conflictuelle. En cas de conflit notable, il conviendra de prendre en charge cette dimension avant d’aborder le symptôme sexuel en hypnothérapie.

 

La rupture du cercle vicieux des pensées négatives

Tout trouble sexuel qui se pérennise s’accompagne de l’élaboration par le sujet d’autosuggestions négatives de type hypnotique (autohypnose négative) à type de peur de l’échec sexuel, de culpabilité, d’embarras, de colère ou de honte venant remplacer les sentiments de désir, d’excitation, de plaisir, de satisfaction.

  • Quelques exemples d’autosuggestions négatives : « je ne lui plais pas », « ce garçon ou cette fille est trop bien pour moi », « je ne vais y arriver », « elle ou il va vite en avoir marre de moi », « ça ne va pas marcher », « je vais avoir la honte », « je ne vais pas réussir à bander », etc.
  • Certaines autosuggestions négatives peuvent être d’ordre sensoriel et provenir de la mémoire sensorielle ou corporelle : une voix qui en rappelle une autre, une odeur de peau qui bloque, etc.

En ayant pour objectif de supprimer les suggestions négatives et de replacer l’esprit et le corps entier dans l’ici et le maintenant, l’hypnothérapie sexologique vise à remplacer la performance, les pseudo normes et le perfectionnisme sexuel par le lâcher-prise, la globalité des perceptions sensorielles et l’accueil de la surprise.

 

La prise de conscience du corps sexuel et sensuel

L’hypnothérapie en sexologie vise d’abord à la prise de conscience du corps en tant que corps sexuel et sensuel :

  • Corps vivant et autonome (travail sur la respiration).
  • Corps sensoriel global.
  • Conscience de l’existence et de l’autonomie des zones érogènes et génitales.
  • Acceptation des sensations corporelles internes et externes, des sensations de plaisir.
  • Acceptation du lâcher-prise sur son corps et sur les sensations ressenties.
  • Passage du corps sensoriel au corps sensuel puis au corps érotisé et au corps sexuel.
  • Prise de conscience et intégration de l’accessibilité au corps de l’autre.
  • Respect du corps et des sensations de l’autre, altérité.

Elle s’attache donc aux dimensions de tension et détente, respiration, attention portée aux parties du corps, intégration corporelle globale, sensorialité, limites corporelles, avec l’objectif pour le sujet de s’approprier son corps dans ses dimensions sexuée et sexuelle.

Ce n’est qu’après cette appropriation qu’un travail d’acceptation du désir et du plaisir, de la liberté et du partage, peut se faire.

L’hypnothérapie sexologique est ainsi aussi un apprentissage de la tendresse.

 

Chez la femme

Chez les femmes, ce travail sur le corps sensuel et sexuel peut être particulièrement important tant peuvent fortes les pressions liées au corps objet de la maternité, de l’allaitement en regard de la dimension imaginaire, sexuelle et érotique qui implique des zones invisibles car corporellement internes, cachées. Et souvent le poids d’interdits éducatifs ou culturels ayant généré des conflits psychiques avec l’imaginaire érotique.

Cet aspect corporel de l’hypnothérapie est essentiellement sensoriel, permissif et métaphorique.

Cette prise de conscience corporelle s’associe à un recadrage des fréquentes idées fausses sur le corps, le plaisir, la sexualité.

On accompagne en général cette prise de conscience, notamment chez la femme, d’une information sur l’anatomie et la physiologie génitale.

 

Chez l’homme

L’homme est confronté à un idéal de masculinité représenté par la virilité corporelle et sa verge, visible extérieurement, facilement accessible, sans secret dans sa réalité physique.

Cette visibilité externe en fait à la fois sa force pour s’affirmer en tant qu’homme mais aussi sa faiblesse par la facilité symbolique de l’en priver (angoisse de castration).

Sa verge peut être autant la démonstration de sa virilité que la représentation de son insuffisance de puissance ou de désir.

C’est avec facilité que la pression sociale, les idées fausses, les rumeurs peuvent générer chez l’homme la peur de ne pas « être à la hauteur » en termes de virilité et une angoisse de performance.

L’hypnothérapie peut, par le biais du processus de dissociation, permettre aux hommes de prendre du recul sur les suggestions négatives que peuvent engendrer les représentations sociales de la virilité, lesquelles peuvent être intériorisées sous la forme d’autosuggestions négatives.

L’hypnothérapie visera en premier lieu à ce que l’homme prenne conscience de son corps sensuel et sexuel bien au-delà d’une sexualité réduite à son seul sexe, à être réceptif à l’ensemble de ses sensations corporelles. Il pourra ainsi ne plus être centré que le plaisir génital et apprendre à vivre la sexualité dans sa globalité, loin de la seule excitabilité de sa zone sexuelle.

A partir de là, comme pour la femme, le temps du plaisir érotique ne sera plus réduit à la brièveté du seul plaisir orgasmique et la prise en compte de la globalité corporelle intègrera également le corps de l’autre.

 

Hypnothérapie et troubles du désir

Le désir sexuel est une donnée éminemment variable selon les sujets et interactive en fonction du ou de la partenaire.

Le travail sur la respiration et les visualisations basées sur ce que le patient considèrerait comme la situation idéale sont particulièrement utilisés.

 

Les difficultés sexuelles de la femme

Une sècheresse vaginale incitera à travailler sur des métaphores se rapportant à des images d’hydratation comme par exemple associer le fait de manger des fruits gorgés de jus à la salivation et aux sensations de fraicheur ressenties. On associera ensuite des images corporelles puis vaginales.

En cas de vaginisme, un couplage relaxation et hypnothérapie avec un travail centré sur la peur de la pénétration et sur la région périnéale et pelvienne apparait comme une prise en charge particulièrement opérante.

On y associera souvent une information sur l’anatomie génitale.

 

Les difficultés d’érection chez l’homme

Les dysfonctions érectiles traduisent en général, en l’absence de lésion organique causale, un symptôme d’angoisse qui peut relever de différentes origines psychologiques. Il peut s’agir d’anxiété dite de performance (crainte de ne pas « être à la hauteur »), de peurs (des femmes, de la grossesse, de maladies, etc.), d’attentes excessives (mariage, état amoureux, etc.), « excessives » s’entendant au moment présent, lors du rapport sexuel.

Bien souvent, les difficultés érectiles sont le fruit d’autosuggestions négatives.

Un couplage relaxation et hypnothérapie apparait ici être un bon choix. La relaxation va permettre de réduire le stress lié à des attentes excessives ou à une anxiété de performance. L’hypnothérapie visera à modifier le cycle réflexe des autosuggestions négatives se déclenchant lors du stimulus sexuel.

L’hypnothérapie peut être associée sans risque à la prise de médicaments inducteurs de l’érection et d’autant plus que les difficultés érectiles ont entraîné une perte de confiance en soi, une anxiété de l’échec ou une désensibilisation érotique du sujet.

 

Les difficultés orgasmiques

Chez la femme, l’anorgasmie ou l’insatisfaction orgasmique traduit souvent un blocage intérieur envers l’accès au plaisir.

L’hypnothérapie peut permettre de remonter au conflit intérieur ou aux peurs engendrant ce blocage et de « reprogrammer » un nouveau circuit de connexion entre le désir et le plaisir entre l’esprit et l’appareil génital.

Chez l’homme, il s’agit souvent d’orgasme survenant trop rapidement (éjaculation prématurée). On retrouve en général une anxiété d’anticipation de la précocité de survenue de l’éjaculation, une difficulté à se laisser aller pour tenter de contrôler son éjaculation et des autosuggestions négatives de contrôle totalement incompatibles avec le lâcher-prise qui permettrait de se positionner dans le présent du rapport sexuel.

Un couplage relaxation, sexothérapie et hypnothérapie apparaît ici judicieux. La relaxation visant à se positionner dans l’ici et maintenant sans pensées négatives anticipatrices d’échec et à se focaliser sur les sensations corporelles agréables, l’hypnothérapie dans le but de rompre les autosuggestions réflexes négatives en réponse au stimulus sexuel et en leur substituant des suggestions positives, les deux travaillant également sur une visualisation d’une sexualité satisfaisante, agréable et plaisante.

La sexothérapie pourra venir compléter le programme thérapeutique avec des exercices comportementaux spécifiques réalisé avec l’aide de la partenaire.

 

Hypnothérapie et épanouissement sexuel

La notion d’épanouissement sexuel traduit ce que chaque individu éprouve globalement de sa vie sexuelle. On peut traduire cette notion comme l’évaluation mentale globale de sa sexualité en termes de désir, de plaisir, de satisfaction résultant de ses expériences sexuelles.

Si le bilan est positif, le désir sexuel va se renouveler sans difficulté. En revanche si le bilan est négatif, si la vie sexuelle du sujet est ressentie comme globalement peu satisfaisante, le désir sexuel va perdre en intensité et aboutir à un désintérêt.

C’est ce qui peut survenir secondairement en cas de dysfonction sexuelle, l’insatisfaction sexuelle après l’acte engendrant avec la répétition une insatisfaction profonde, prenant la place du symptôme initial dans la genèse du trouble sexuel. C’est aussi ce qui peut survenir avec l’habitude, avec les ritualisations des séances érotiques dans le couple.

Ce désintérêt pour la sexualité va évoluer vers une autohypnose négative réactivée lors de la confrontation à des stimuli sexuels ou érotiques.

Il ne servira alors à rien et l’effet sera même contre-productif de tenter une prise en charge des seuls symptômes sexuels qui en seront ou en seront devenus la conséquence.

L’hypnothérapie sera alors le traitement de choix pour substituer un schéma de pensée positif aux autosuggestions négatives, en utilisant les ressources positives que le patient trouvera en lui lors des séances d’hypnose puis en développant des suggestions positives associées à des visualisations sexuelles positives et aux sensations corporelles de bien-être ressenties durant la séance.

 

Hypnothérapie et périnée

L’hypnose peut également constituer un apport bénéfique notable dans la rééducation périnéale dont on connaît l’importance majeure en sexologie. Elle procure un confort d’exercice pour les patients et permet la reconnexion du sujet avec son périnée et les organes pelviens dont font partie les organes génitaux et sexuels.

Elle permet aussi l’expression d’émotions intimes liées à la région périnéale, notamment des vécus douloureux qu’ils soient obstétricaux ou relèvent d’abus sexuels, et donc des déblocages d’émotions refoulées.

 

Hypnothérapie en couple

L’hypnothérapie peut être pratiquée avec un couple en se basant plus particulièrement sur le mode de fonctionnement du couple et son mode de communication.

Les deux partenaires sont remis en contact par le biais de la séance d’hypnose, ils partagent ensemble la détente et le bien-être ressentis lors de la séance et envisagent de nouvelles modalités de communication et d’échanges.

 

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Benhaiem JM. L’hypnose médicale. Med-Line Ed., Paris, 2017

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