Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
36 rue Scheffer, 75116 Paris 16
 
Indisponible aujourd'hui
 
06 24 52 83 82

La sexualité, du désir au plaisir

Sexologie

La sexualité, dont le but fondamental dans les espèces sexuées dont fait partie l’Homme est de garantir la reproduction et donc le maintien de l’espèce, se double de fonctions autonomes de plaisir et de bien-être essentielles à la santé notamment psychologique des individus.

 

L’appétit orgasmique

L’appétit orgasmique, auquel mène le désir, est apparu parallèlement à l’évolution de la conscience avec l’objectif de ressentir du plaisir sexuel en passant par le développement et la représentation des zones érogènes.

Il est déjà présent chez l’homme et la femme avant la puberté et se traduit par l’auto-érotisme chez l’enfant, et il persiste chez la femme après la ménopause ce qui montre combien la sexualité humaine est disjointe de la seule fonction de reproduction dans la sexualité humaine.

La sexualité humaine est ainsi autant, voire plus, une fonction de plaisir qu’une fonction reproductrice.

 

L’auto-érotisme chez l’enfant

Le comportement auto-érotique se développe de façon précoce chez les humains, dès la prime enfance.

On peut l’observer à partir de l’âge de 2 ou 3 ans en voyant les enfants prendre du plaisir à jouer avec leurs zones érogènes. Il s’agit de caresses, de « chatouilles » tout à fait normales dans le développement d’un enfant. Il est toutefois déjà identifiable dès la vie utérine et on estime que les premiers comportements masturbatoires peuvent apparaître dès l’âge de 2 mois.

Cet auto-érotisme infantile est automatique. C’est une étape essentielle et physiologique du développement fonctionnel des circuits neurologiques du plaisir via les sensations génitales, qui évoluera vers le réflexe d’excitation orgasmique lors de l’adolescence.

Il s’agit de l’apprentissage physiologique des réactions sexuelles.

Cet auto-érotisme évolue vers la masturbation à l’adolescence et prolonge et précise l’apprentissage de ses réactions sexuelles, orgasmiques, émotionnelles et fantasmatiques.

Comparativement au garçon, l’apprentissage de la masturbation est plus difficile pour la fille en raison de l’intériorisation de son appareil génital et chez laquelle le poids des peurs et des interdits éducatifs ou culturels est souvent plus prégnant que chez le garçon. Ainsi, seulement environ 3% des adolescents ne se sont jamais masturbés contre 32% des adolescentes.

On peut considérer que les massages et les soins du corps peuvent s’intégrer dans cet apprentissage du fonctionnement sensuel de son corps.

Chez les petits garçons, cet auto-érotisme génital pourra favoriser la libération douce d’adhérences du prépuce.

Il faut hélas encore souvent souligner que la masturbation ne comporte pas de risque ni physique ni psychologique, et constitue même au contraire un apprentissage à la sexualité essentiel.

 

Le désir

Le désir sexuel peut se définir comme l’envie d’avoir des relations sexuelles ou sensuelles.

Il est souvent étroitement associé ou concomitant de l’excitation sexuelle chez l’homme alors que désir et excitation sont plutôt dissociés chez la femme, l’excitation augmentant le plus souvent progressivement avec l’affirmation du désir.

Une vingtaine de déterminants conditionnent le désir sexuel : hormones sexuelles (estrogènes, testostérone), neurotransmetteurs cérébraux, stimulations sensorielles, circuits réflexes sexuels liés à l’accouplement reproductif, souvenirs, émotions, système neurobiologique de la récompense, apprentissages éducatifs et sociaux, environnement, etc. C’est la multiplicité de ces variables qui expliquent la diversité des désirs et des plaisirs chez l’Homme.

 

Cortex cérébral et évolution du désir

Avec l’évolution, le cerveau s’est développé chez l’homme (développement du cortex cérébral notamment) et les motivations sexuelles se sont élargies avec l’apparition d’un désir érotique ne reposant plus sur la seule reproduction mais vers une large diversité des désirs et des préférences sexuelles en fonction du développement des fonctions cognitives et des variabilités environnementales, éducatives et culturelles.

Ce système d’entretien du désir et de l’envie sexuelle se double ainsi dans l’espèce humaine de processus cognitifs particulièrement développés, visant à adapter le comportement sexuel en fonction de l’environnement et à le moduler via la mémorisation des souvenirs des expériences affectives et sexuelles, des préférences sexuelles, etc.

Ainsi, chez les humains, le désir n’est plus guidé par des impératifs exclusifs de reproduction mais est devenu avec l’évolution un ensemble plus complexe d’envies basées sur les perceptions sensorielles, les souvenirs, les apprentissages sociaux et éducatifs, les fantasmes élaborés dans l’imaginaire, les influences extérieures, etc.

Cette « corticalisation » (développement du cortex cérébral) du désir sexuel s’est accompagnée de l’apparition de nouvelles pratiques sensuelles et sexuelles chez les humains comme le baiser, les habitudes masturbatoires ou les rapports orogénitaux, éloignés des réflexes innés de copulation et d’accouplement, tout comme elle a également en revanche ajouté un conditionnement intellectuel, moral, éducatif parfois négatif (interdits).

Cette évolution a renforcé l’implication active du système de récompense dans l’entretien du désir sexuel humain et en y ajoutant de puissantes modulations cognitives positives ou négatives basées sur les croyances, l’éducation, le conformisme social, les représentations sociales et culturelles, etc.

Ces déterminants cognitifs sont souvent des facteurs impliqués dans les dysfonctions sexuelles.

L’évolution a également été hormonale puisque le désir humain d’activité sexuelle n’est plus limité aux périodes de fécondité des femmes mais s’est désynchronisé de la dépendance hormonale du cycle ovarien. Une sécrétion hormonale suffisante est néanmoins toujours requise pour la persistance d’un désir sexuel optimal.

En contrepartie, le désir sexuel chez les êtres humains a perdu de son caractère instinctuel et réflexe, et est plus influencé par les affects, les goûts et les préférences sexuelles, l’éducation, la culture, les émotions, les souvenirs, les traumatismes, etc.

 

Le plaisir

Le plaisir orgasmique est strictement personnel et est ressenti au niveau des zones érogènes et génitales (pénis et clitoris) particulièrement innervées en récepteurs sensoriels, et des contractions musculaires spasmodiques des muscles du périnée lors de l’orgasme. Il se transmet au niveau des zones cérébrales sous la forme d’une activité de type épileptique localisée au sein des structures cérébrales profondes, suivie d’un état de relaxation.

Il est suivi d’une sensation de plénitude et de bien-être.

Son intensité est variable selon les circonstances, les moments, l’âge, l’état de santé, la culture, etc.

Son irruption peut être conditionnée à un sentiment de sécurité, de respect de son intimité érotique, de confiance, de consentement et de respect.

Les activités sexuelles qui procurent le plaisir orgasmique le plus intense ne sont pas celles orientées vers la reproduction et centrées sur la pénétration, montrant encore la désynchronisation chez l’Homme entre reproduction et plaisir érotique.

La sensation de plaisir active le système neurobiologique de récompense et ainsi entraîne le désir.

Mais il n’est pas obligatoire d’aller jusqu’au rapport sexuel et à l’orgasme pour éprouver un plaisir suffisamment satisfaisant. Chaque étape du comportement sexuel peut générer un plaisir satisfaisant et suffisant pour certains ou certaines.

On peut par exemple éprouver une sensation de plaisir suffisante du seul fait de savoir qu’une relation sexuelle est possible sans ressentir le besoin d’aller jusqu’au rapport sexuel.

Enfin, lorsqu’un rapport sexuel a entraîné du plaisir et a été satisfaisant, il va renforcer le désir sexuel.

 

Les effets de l’orgasme sur l’organisme

L’orgasme induit une relaxation musculaire et est un remarquable tranquillisant et anxiolytique. Il apaise le corps et l’esprit.

De plus, l’orgasme déclenche la sécrétion de nombreux neuromédiateurs au niveau cérébral, notamment endorphines, dopamine, ocytocine. Ces neuromédiateurs vont déclencher une sensation d’euphorie, de bien-être, de bienveillance et d’attachement envers le ou la partenaire.

Ces ressentis vont favoriser un sentiment de sécurité et de confiance qui vont à leur tour favoriser le renouvellement des rapports sexuels puis d’une « ambiance affective » favorable à un attachement amoureux.

 

Le système neurobiologique de récompense

Le désir est particulièrement stimulé par le système neurobiologique dit « de récompense ». Ce système est basé sur la répétition des actions qui ont apporté du plaisir, le plaisir étant la « récompense » obtenue par la réalisation de l’action. Le désir est entretenu et renouvelé par la motivation de répéter l’action pour éprouver à nouveau du plaisir. La dopamine est le neurotransmetteur principal de ce circuit cérébral.

Le souvenir du plaisir éprouvé renforce ainsi le désir et l’appétit orgasmique, amplifiant le désir de sexualité.

Sur le plan archaïque, ce système vise à conditionner avec l’apprentissage les comportements fonctionnels vitaux (plaisir gustatif à se nourrir par exemple). Il s’agit donc de circuits vitaux pour le maintien des comportementaux fondamentaux.

Sur le plan de la sexualité, le circuit de la récompense (ou du plaisir) est stimulé par les hormones sexuelles, les sens olfactifs et de la sensibilité des organes génitaux, les excitations sexuelles, les conditions affectives.

Le système de récompense est un système de renforcement positif, il est doublé d’un système à renforcement négatif visant à le moduler en fonction des expériences négatives.

 

Le développement du cerveau humain avec l’évolution a désynchronisé le désir et le plaisir sexuels de la seule reproduction en les rendant à la fois permanents mais également plus complexes et plus dépendants de conditions émotionnelles, éducatives, morale tout en générant une plus grande diversité de désirs et pratiques sexuels.

 

Brenot P. Le comportement sexuel : bases éthologiques. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie. Elsevier Masson Ed., Paris, 2014

Corps accord. Guide de sexualité positive. Éditions du remue-ménage, 2019

Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017

Wunsch S. Neurobiologie du désir et du plaisir. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie. Elsevier Masson Ed., Paris, 2014


Articles similaires

Réalisation & référencement Simplébo   |   Site partenaire de Annuaire Thérapeutes

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.