Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
36 rue Scheffer, 75116 Paris 16
 
Indisponible aujourd'hui
 
06 24 52 83 82

La prise en charge sexologique du vaginisme

Sexologie

La prise en charge du vaginisme est à la fois médicale, psychologique et sexologique.

Elle associe information, éducation et thérapie.

 

Une anamnèse préalable aussi précise que possible

Un entretien souvent relativement long est toujours le premier temps de la prise en charge sexologique afin :

  • De préciser le contexte de survenue du dysfonctionnement sexuel : éducation, traumatisme ou agression éventuels, antécédents médicaux et obstétricaux, etc.
  • D’analyser ses modalités symptomatiques : survenue systématique ou épisodique, ancienneté du trouble sexuel, intensité de la contraction musculaire, de la douleur, etc.
  • De définir les étapes progressives de la prise en charge sexothérapique.

Cet entretien permet d’évaluer le niveau de connaissances de la femme, ses capacités, ses blocages ou ses inhibitions pour s’exprimer sur la sexualité et sur ses difficultés, et sur ses préférences et choix d’abord thérapeutique. Il permet ensuite de définir avec elle les objectifs de la prise en charge.

Cette anamnèse permettra de définir les niveaux sur lesquels la prise en charge va être axée :

  • Épisode traumatisant ancien (abus ou agression sexuelle par exemple).
  • Blocage psychologique causal (éducation, culpabilité, peurs, phobie, etc.).
  • Mésentente avec le partenaire, conflit.
  • Crainte d’une grossesse, de contracter une infection, etc.
  • Blocage lié à une inadéquation de genre (ne pas se sentir femme).

 

Informer la femme

Une information sur l’anatomie génitale féminine et le plaisir, expliquer le mécanisme musculaire du processus douloureux, répondre aux questions, constituent des préalables indispensables à la prise en charge avec plusieurs objectifs :

  • Apporter des informations souvent manquantes ou insuffisantes chez les femmes vaginiques.
  • Favoriser l’investissement sexuel et érotique du vagin par la femme, lui permettre de prendre connaissance et d’avoir conscience de son appareil génital.
  • Pouvoir expliquer les principes thérapeutiques qu’on va mettre en place en se basant sur des éléments pathogéniques à partir desquels on pourra fixer des objectifs précis et progressifs avec la patiente.

 

Une véritable rééducation sexuelle

Le traitement sexologique du vaginisme est une véritable rééducation à la fois musculaire périnéale et à son corps sexuel et au plaisir.

Ce travail de rééducation se fait dans plusieurs directions :

  • Travail sur les perceptions sensorielles corporelles visant à favoriser les sensations agréables et de plaisir et à amender les perceptions et craintes douloureuses.
  • Travail musculaire périnéal (rééducation périnéale) visant à la prise de conscience par la femme de sa région génitale et de sa capacité à maîtriser les contractions et décontractions musculaires.
  • Travail sur les émotions et sur les représentations mentales liées à la sexualité et plus particulièrement à la peur de la pénétration.

On travaille ainsi sur le corps physique (muscles périnéaux), sur le corps sensoriel et sur la verbalisation (parole) des émotions et des visions de la sexualité.

Le traitement sexothérapique proprement dit se fait en plusieurs étapes de façon progressive :

  • Visualisation (miroir) et auto-exploration digitale de son sexe par la patiente.
  • Pénétration avec un doigt, puis deux doigts par la femme.
  • Éventuellement étape de pénétration par des bougies vaginales (bougies de Hégar) ou dilatateurs de tailles croissantes par la femme.
  • Pénétration digitale par le partenaire.
  • Pénétration par le pénis du partenaire.

Ces exercices sont expliqués en consultation et réalisées par la femme chez elle.

Au début de ce travail, les rapports sexuels avec pénétration sont interdits afin de supprimer toute focalisation sur la difficulté vaginale et l’anxiété associée, qui nuirait au lâcher-prise et à la concentration sur les perceptions positives.

Ce travail peut être fait à partir de différents outils thérapeutiques comme :

  • La relaxation avec travail sur la respiration et association d’exercices musculaires périnéaux.
  • L’hypnothérapie visant à supprimer les peurs et les émotions négatives liées à la pénétration.
  • Des massages.
  • D’autres abords comme la thérapie cognitivo-comportementale ou la psychothérapie.

Ce travail de sexothérapie proprement dite peut être accompagné d’un abord psychothérapique lorsque l’importance d’une origine psychologique, avec des problématiques plus profondes, le justifie.

 

La rééducation périnéale

Elle suit le principe des exercices de Kegel qui visent à renforcer la musculature périnéale et à y associer une prise de conscience de la région génitale et de la maîtrise de ses contractions et décontractions musculaires.

 

Les préliminaires sont essentiels

La place des préliminaires est essentielle pour initier la montée du désir sexuel et de l’excitation, et laisser le plaisir envahir la femme sans focaliser les pensées sur la pénétration.

Une autre fonction des préliminaires est de préparer l’appareil génital féminin au rapport sexuel en stimulant la production de sécrétion qui va lubrifier les parois vaginales et faciliter la pénétration.

 

Le partenaire

Dans le vaginisme, la relation de couple est en général sans conflit et la vie de couple est heureuse, la sexualité se fait le plus souvent sans pénétration mais est satisfaisante.

Néanmoins, la prise en charge sexologique de la femme ne doit pas faire abstraction de son couple ou de son partenaire.

Il convient de mettre à plat un éventuel conflit de couple et également de préparer le couple à une nouvelle sexualité, l’existence du vaginisme ayant souvent éloigné le couple des rapports sexuels avec pénétration.

Le vaginisme de la femme peut également avoir masqué une dysfonction sexuelle existant chez le partenaire, que la possibilité de pénétration peut alors révéler. Le partenaire peut également avoir lui-même acquis une anxiété face à la pénétration avec la peur de faire mal à sa compagne, qu’il conviendra de traiter.

La participation du partenaire au traitement de la femme permet également de l’y associer et d’équilibrer la relation thérapeutique avec le sexologue.

 

Quels critères de guérison sur le plan sexuel ?

Les informations apportées, la meilleure connaissance de son anatomie génitale par la femme, les nouvelles perceptions qu’elle ressent parallèlement à l’amendement des contractions douloureuses, permettent une amélioration progressive du vaginisme.

Le désir remplace peu à peu l’appréhension, la douleur disparaît progressivement après parfois un passage par une simple gêne, la confiance de la femme revient et l’anxiété disparait.

Une femme vaginique est considérée comme guérie lorsque les rapports sexuels avec pénétration sont possibles et que la femme considère les rapports sexuels comme satisfaisants en termes de facilité et de plaisir ressenti.

Ces deux critères sont importants à obtenir car non seulement le symptôme musculo-vaginal doit avoir disparu et la femme doit aussi ressentir du plaisir lors de la pénétration et avoir ainsi réinvesti son vagin en tant qu’organe à la fois sexuel et érotique. La seule disparition de la douleur est une amélioration notable mais n’est pas synonyme de plaisir sexuel.

 

Que conclure ?

  • La prise en charge du vaginisme est à la fois médicale, psychologique et sexologique.
  • Les taux de guérison du vaginisme en sexothérapie sont élevés.

 

Colson MH. Vaginisme. In Courtois F, Bonierbale M. Médecine sexuelle, Lavoisier Ed., Paris, 2016

Lansac J, Lopès P et coll. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017

Mimoun S. Prise en charge des dyspareunies et vaginismes. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie, Elsevier Ed., Paris, 2014

Potentier M. Thérapie sexocorporelle. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie, Elsevier Ed., Paris, 2014


Articles similaires

Réalisation & référencement Simplébo   |   Site partenaire de Annuaire Thérapeutes

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.