Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Reims
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La prise en charge sexologique de l’éjaculation prématurée

06 Fév 2022 Philippe Schwartz Sexologie

  • L’implication et la motivation de la partenaire sont des conditions d’efficacité optimale de la prise en charge.
  • Les meilleures efficacités thérapeutiques sont obtenues par la combinaison des différents abords (médicamenteux, comportemental, sexofonctionnel, corps-esprit).
  • L’efficacité des sexothérapies et la durée du traitement sont fonction de la régularité et de la fréquence de la réalisation des exercices à faire chez soi prescrits par le sexologue.
  • La durée moyenne d’une sexothérapie pour éjaculation prématurée est de 2 à 3 mois avec des résultats satisfaisants dans 80% des cas.

 

Dans l’éjaculation prématurée primaire, caractérisée par une impossibilité permanente de contrôler ses éjaculations depuis le début de sa vie sexuelle, le traitement sexologique vise à permettre au sujet de contrôler son réflexe éjaculatoire ou plutôt son niveau d’excitation.

En effet, l’éjaculation prématurée n’est pas une anomalie de l’éjaculation mais une mauvaise gestion de son excitation qui atteint trop rapidement le seuil de déclenchement réflexe de l’éjaculation.

La prise en charge d’une éjaculation prématurée secondaire passe avant tout par le traitement de la cause retrouvée, par exemple celui d’une infection génitale ou d’une dysfonction érectile.

Ainsi certains contextes de survenue de l’éjaculation prématurée doivent donner lieu à des prises en charge spécifiques :

  • Traitement chirurgical en cas d’anomalie morphologique.
  • Prise en charge en thérapie de couple dans un contexte de trouble relationnel avec la partenaire.
  • Prise en charge de la dysfonction érectile pour les éjaculations prématurées « écran » où le traitement du trouble de l’érection fait le plus souvent disparaître l’éjaculation prématurée.

 

Le cadre thérapeutique en sexothérapie

Quatre grandes règles doivent être respectées durant la sexothérapie et constituent la base du contrat thérapeutique :

  • Faire les exercices prescrits dans l’intimité du domicile par le thérapeute.
  • Ne pas avoir de relations extraconjugales.
  • Évacuer tout objectif de performance et toute idée de comparaison.
  • Rester dans le cadre des objectifs fixés avec le thérapeute.

La prise en charge s’arrête lorsque la sexothérapie est un succès quant aux objectifs fixés et que le couple est pleinement satisfait de ses rapports sexuels.

 

L’information sur la réponse sexuelle physiologique

L’information sur la sexualité et sur les réactions sexuelles normales est toujours indispensable pour que le sujet comprenne le trouble et donc la stratégie thérapeutique entreprise.

Dans le cas de l’éjaculation prématurée, l’information portera essentiellement sur la physiologie de la réponse sexuelle :

  • Phase d’excitation et de montée du plaisir.
  • Phase en plateau de la perception des sensations de plaisir avec maintien de l’excitation.
  • Point dit de non-retour où la survenue de l’éjaculation ne peut plus être contrôlée.
  • Éjaculation associée à la survenue d’un orgasme.

 

La sexothérapie comportementale

Il s’agit d’un travail de type sexocorporel comportemental visant à la rééducation ou à l’apprentissage du contrôle du réflexe éjaculatoire via la maîtrise de la montée de l’excitation sexuelle.

Les exercices prescrits sont à faire chez soi.

Le principe est de travailler à deux niveaux :

  • Apprentissage par conditionnement de la maîtrise du déclenchement de son éjaculation qui consiste surtout en un meilleur ressenti et contrôle de l’intensité des sensations pré-orgasmiques durant l’excitation.
  • Travail respiratoire couplé aux mouvements du bassin visant à faire baisser la tension sexuelle.

L’efficacité de ce travail repose pour beaucoup sur la participation et la coopération d’une partenaire motivée et désireuse de réussite pour sa vie sexuelle et celle du couple. Il est de toute façon toujours recommandé d’entendre le point de vue de la partenaire pour son regard parfois différent sur la situation, la chronologie d’apparition des troubles, etc.

La pratique du sensate focus est souvent un préalable nécessaire avant d’utiliser ces techniques, pour améliorer la perception des sensations érotiques non génitales et réduire la focalisation génitale du plaisir sexuel.

 

Technique du squezze de Masters et Johnson

La technique du squezze repose sur l’arrêt de toute stimulation, associé à un pincement au niveau du frein à la base du gland ou à la racine du pénis lors de la sensation de survenue de l’éjaculation.

Le principe repose sur l’aide active de la partenaire et sur la passivité de l’homme :

  • L’homme est allongé sur le dos, passif et focalisé sur les sensations érotiques.
  • Sa partenaire est à genou ou assises face à lui entre ses jambes et caresse le pénis.
  • Lorsque le plaisir ressenti par l’homme atteint le moment qui précède l’éjaculation (point dit de non-retour ou phase dite pré-orgasmique), il le fait savoir à sa partenaire par un geste convenu entre eux de façon à rester au mieux focalisé sur les sensations corporelles ressenties.
  • La partenaire comprime alors fortement le gland avec son pouce sur le frein (unissant le gland au corps du pénis à sa face inférieur) ce qui pour effet d’inhiber la survenue réflexe de l’éjaculation.
  • Cette compression n’est pas douloureuse.

La technique est répétée 2 à 3 fois puis la survenue de l’éjaculation et de l’orgasme est autorisée.

 

Technique du Stop-and-go de Kaplan ou stop-start

La technique du stop-and-go repose sur l’arrêt de toute stimulation, caresses ou arrêt des mouvements sexuels du bassin lorsque la technique est appliquée à la pénétration, lors de la sensation de survenue de l’éjaculation.

Elle consiste en un arrêt immédiat des caresses génitales par la partenaire, qui va alors caresser le corps de l’homme de façon relaxante pour diminuer l’excitation génitale.

Comme dans le squezze, la technique est répétée 2 à 3 fois puis la survenue de l’éjaculation et de l’orgasme est autorisée.

 

Ces deux techniques constituent chacune une véritable rééducation sexuelle du réflexe éjaculatoire

Elles reposent sur 3 éléments essentiels :

  • Bonne entente dans le couple et désir réel et partagé d’obtenir un résultat.
  • Adhésion totale des deux membres du couple.
  • Patience.

Les exercices, pratiqués initialement en dehors de toute pénétration, sont ensuite effectués :

  • Durant des pénétrations passives, la partenaire étant au-dessus de l’homme et la pénétration ayant d’abord lieu sans mouvement sexuel puis progressivement avec des mouvements de va-et-vient.
  • Lorsque l’homme avertit sa partenaire de l’imminence de son éjaculation, celle-ci se retire et pratique une manœuvre de squezze suivie de caresses corporelles relaxantes non génitales.
  • Lorsque le réflexe éjaculatoire est maitrisé dans une position, une autre position est alors autorisée selon la succession amazone (femme au-dessus de l’homme), latérale (« petites cuillères ») puis position du missionnaire (homme allongé sur sa partenaire de face).

Cette progression par étapes est une condition essentielle pour le succès de cette sexothérapie.

La durée moyenne de la rééducation est d’environ 3 mois pour obtenir une maîtrise satisfaisante de l’éjaculation dans toutes les positions appréciées par le couple.

Elle peut être associée à des traitements pharmacologiques visant à ralentir la survenue de l’éjaculation et constitue une rééducation à part entière non seulement du trouble de l’éjaculation mais aussi de l’intimité du couple.

 

La relaxation et la sexothérapie fonctionnelle

L’apport de la relaxation est notable dans la prise en charge de l’éjaculation prématurée.

En effet, lors de la montée de l’excitation sexuelle qui va mener au déclenchement de l’éjaculation, quatre modalités d’actions corporelles peuvent moduler physiologiquement l’intensité de l’excitation :

  • L’arrêt des stimulations sexuelles (caresses, mouvements du bassin, imagerie mentale), élément de travail des sexothérapies comportementales.
  • La modification de sa respiration dont l’accélération témoigne de l’amplitude de l’excitation.
  • La décontraction musculaire dont la tension et la tonicité témoignent aussi de l’excitation.
  • La tension musculaire périnéale qui annonce l’éjaculation.

Contrairement à la respiration et aux muscles, tous les autres éléments corporels liés à l’excitation relèvent d’un fonctionnement non contrôlable (rythme cardiaque, sudation, pression artérielle, etc.) et la respiration et la tension musculaires constituent deux objets de travail en relaxation, auxquels on peut ajouter le périnée.

Ainsi la relaxation permet l’apprentissage d’une modulation respiratoire et musculaire de l’excitation qui va induire une inversion des réactions physiologiques liées à l’excitation. Le relâchement musculaire et l’adoption d’une respiration ample et profonde, abdominale, vont favoriser une réduction de l’excitation.

Le seuil de déclenchement de l’éjaculation n’est ainsi pas atteint et le rapport sexuel peut être prolongé une fois l’excitation moins élevée.

Cette approche sexologique de l’éjaculation prématurée via la relaxation constitue l’approche dite sexofonctionnelle ou régulatrice. Elle peut être couplée aux techniques comportementales mais peut également être isolée, notamment en l’absence de coopération de la partenaire.

La relaxation reste par ailleurs une modalité thérapeutique de premier plan pour l’abord de l’anxiété d’anticipation et des états de stress.

La musicothérapie peut être couplée à la relaxation avec l’objectif de conditionner le rythme de l’excitation en fonction du rythme d’une musique.

 

L’hypnothérapie

L’hypnothérapie permet de traiter l’anxiété de performance (éloignement des pensées négatives) et de modifier les réactions émotionnelles liées à l’excitation sexuelle (focalisation sur la sensualité corporelle globale). Elle peut ainsi permettre au sujet de mieux maîtriser ses sensations liées à l’excitation sexuelle.

En considérant le sujet dans sa globalité, l’hypnothérapie permet d’aborder les différentes dimensions de l’éjaculation prématurée tout en laissant le sujet libre de choisir ses propres solutions au sein de ses ressources personnelles.

Elle permet une meilleure intégration du travail sexothérapique durant la transe où le sujet est particulièrement réceptif aux sensations ressenties et la désinhibition partielle lui permet de ressentir des sensations nouvelles. Le sujet est plus à l’écoute de son corps, plus apte à obtenir un état de détente, reconnecté à son corps et à ses propres pensées. Le sujet peut ainsi reprendre le contrôle sur ses sensations, les modifier, les accepter. Il sera ainsi possible par exemple de centrer le patient sur sa respiration, élément important de la prise en charge sexofonctionnelle de l’éjaculation prématurée.

Enfin la distorsion du temps au cours de la séance d’hypnose pourra être mise à profit pour modifier la perception du temps lors de la phase pré-éjaculatoire.

Certains souvenirs ou représentations pouvant être sous-jacents à des conflits inconscients pourront également être retrouvés par le patient qui pourra grâce à l’hypnose modifier son ressenti et retrouver confiance en lui.

Même si les résultats sont variables selon les sujets, les avantages de l’hypnothérapie sont importants en termes de brièveté relative, de confort thérapeutique grâce au phénomène de la dissociation et de moindre recours aux traitements médicamenteux.

 

Le travail de rééducation périnéale

Le travail périnéal a pour objectif l’apprentissage de la maîtrise de l’éjaculation par le biais de la contraction des muscles périnéaux. Elle se fait notamment par des exercices de contraction et décontraction des muscles régissant le contrôle sphinctérien (exercices de Kegel).

Il peut être aidé par une objectivation de son efficacité grâce au biofeedback qui visualise l’intensité des exercices grâce à des diodes lumineuses.

 

Le travail sur l’anxiété et l’angoisse d’anticipation d’un nouvel échec sexuel

Dans la grande majorité des cas, l’éjaculation prématurée a généré chez le sujet un état anxieux lors des rapports sexuels avec une angoisse d’anticipation de l’échec quant au contrôle de son éjaculation et à l’obtention d’un plaisir satisfaisant chez la partenaire.

La relaxation ou l’hypnothérapie prennent alors toute leur place dans la stratégie de prise en charge de l’éjaculation prématurée, et ce d’autant que le travail périnéal peut être couplé de façon harmonieuse avec la relaxation.

 

Place d’une thérapie de couple

L’amélioration de la communication au sein du couple est un préalable souvent indispensable à la reprise d’une sexualité harmonieuse et épanouie.

Si l’implication et la motivation de la partenaire sont souvent essentielles au succès de la prise en charge sexothérapique comportementale, elle peut également jouer un rôle dans la survenue de l’éjaculation prématurée. Ce rôle éventuel est important à dépister car il ne peut y avoir de traitement de l’éjaculation prématurée sans prise en compte de toutes ses causes comme par exemple une mésentente conjugale sous-jacente qui constitue la principale cause d’échec de la prise en charge.

Une dysfonction sexuelle chez la partenaire comme un trouble du désir ou de l’orgasme, une dyspareunie, peut également mener l’homme à raccourcir la durée des rapports sexuels.

 

Ce qui peut fonctionner un moment mais ne constitue pas un traitement à long terme

Beaucoup de conseils et de petits moyens pour retarder l’éjaculation sont retrouvés dans les médias et notamment sur internet, comme l’usage de préservatifs plus épais dits « retardants » (serrés) ou se masturber avant une rencontre sexuelle (masturbation « préventive »).

Il importe de souligner que ces petits moyens ne fonctionnent pas chez tous et souvent seulement de façon temporaire. Ils ne traitent ni les troubles anxieux sous-jacents ni ne résolvent les problématiques relationnelles et laissent le sujet dépendant de ces petits moyens.

Ils ne constituent ainsi pas des traitements au sens propre alors que des prises en charges efficaces à long terme existent et obtiennent de bons résultats dans la grande majorité des cas.

 

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Kempeneers P. Revue systématique des essais consacrés aux traitements psycho-comportementaux de l’éjaculation prématurée. Sexologies, 2021 (à paraitre)

Mignot J. Masculinité. In Bioy A, Célestin-Lhopiteau I. Hypnothérapie et hypnose médicale. Dunod Ed., Paris, 2014

Porto R, Giuliano F. L’éjaculation prématurée. Prog. Urol., 2013 ; 23 : 647-656

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