Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
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La place prépondérante des pratiques complémentaires dans la fatigue chronique

Relaxation

La fatigue est une plainte fréquemment exprimée. On ne lui retrouve souvent aucune cause pathologique ou physique précise. Elle est le plus souvent transitoire et sans conséquence notable mais elle peut se prolonger amenant alors à définir la fatigue comme étant chronique.

La fatigue chronique est notamment d’actualité avec des observations rapportées dans les suites de l’infection Covid.

La fatigue chronique et le syndrome de fatigue chronique font partie des « syndromes somatiques fonctionnels » où on retrouve également la fibromyalgie et le syndrome du côlon irritable.

 

Une plainte fréquente et sans cause précise identifiée

La fatigue chronique se définit comme une fatigue inexpliquée par une maladie ou par des circonstances particulières d’efforts physiques ou intellectuels, évoluant depuis plus de 6 mois.

Sa fréquence est estimée entre 5 et 15% des motifs de consultation en médecine générale.

Il existe une prédominance féminine (75%) et les adolescents (10-19 ans) n’en sont pas exclus.

Un tiers des patients présente une fatigue chronique particulièrement invalidante et prononcée et remplit les critères du « syndrome de fatigue chronique ».

 

Signes et symptômes du syndrome de fatigue chronique

Le syndrome de fatigue chronique, ou encéphalomyélite myalgique, se définit par l’association d’une fatigue particulièrement invalidante et de symptômes multiples :

  • Douleurs diffuses.
  • Difficultés cognitives : troubles de la concentration, difficultés de mémoire.
  • Réduction objective des activités du sujet atteint avec résistance limitée à l’effort.
  • Courbatures.
  • Petits signes infectieux (fébricule).
  • Symptômes de détresse psychique : anxiété, inquiétude, signes dépressifs.

 

Diagnostic

Dans la fatigue chronique et le syndrome de fatigue chronique, la fatigue est inexpliquée sur le plan médical : ni l’examen clinique ni les explorations complémentaires ne retrouvent de cause précise à cet état de fatigue prolongée.

On ne retrouve pas non plus d’origine psychique à la fatigue : pas de dépression, pas de pathologie psychiatrique, pas de démence ni de prise de drogues ou d’abus d’alcool.

Contrairement à la fatigue passagère fréquemment ressentie par tous, le repos n’entraîne pas la disparition de la fatigue.

Dans le syndrome de fatigue chronique, on retrouve associés :

  • Une fatigue intense à type de sensation d’épuisement.
  • Une sensation de malaise après les efforts (malaise post-exercice).
  • Des troubles de la mémoire.
  • Des douleurs ganglionnaires, musculaires ou des articulations.
  • Des maux de tête.
  • Une hypersensibilité à la lumière et au bruit.
  • Parfois une fébricule sans infection patente.

S’y associent des répercussions psychiques et sociales qui génèrent un handicap souvent notable :

  • Difficultés ou incapacité à travailler pouvant aller jusqu’à la mise en invalidité et pouvant accélérer la survenue d’un burn out.
  • Augmentation d’environ 50% de la fréquence des consultations par rapport à des sujets témoins en raison de besoin de soins pour les douleurs, le moral, etc.
  • Perte de l’estime de soi, syndrome dépressif.

Certains éléments prédisposants ou déclenchants ont été identifiés et peuvent être retrouvés :

  • Une vie hyperactive.
  • Un traumatisme de vie récent ou dans l’enfance (deuil, accident, abus sexuel).
  • Un stress récent.
  • Une infection virale récente.

 

Expliquer et comprendre est primordial

Le premier temps des soins et traitements dans la fatigue chronique et dans le syndrome de fatigue chronique est d’expliquer que même si aucune cause précise n’est retrouvée, il ne s’agit pas d’une maladie psychiatrique, ce n’est pas « dans la tête ».

Il importe également de rassurer le patient quant à l’existence d’une maladie grave cachée, laquelle aurait été dépistée lors du bilan initial.

La chronicité de la fatigue peut ainsi être expliquée par :

  • Le déconditionnement musculaire engendré par la persistance de la fatigue.
  • L’impact du stress sur le système nerveux.
  • Des anomalies neuro-endocrines avec une hypo-régulation des sécrétions de cortisol et d’autres hormones.
  • Des anomalies de la substance blanche cérébrale pouvant être à l’origine de réponses anormales dans le traitement des informations sensorielles ou mnésiques.
  • Un état neuro-inflammatoire diffus dont l’intensité est corrélée avec l’intensité de la fatigue.
  • Un état global d’hypométabolisme qui a pu être comparé à un état métabolique d’hibernation. Cette altération métabolique pourrait être liée à des anomalies de la réponse immunitaire à un agent infectieux ou au stress.
  • Une hypersensiblité des petites fibres nerveuses dans la survenue des douleurs diffuses.

Apporter ces explications est important pour éviter une errance des sujets atteints entre différents médecins et thérapeutes à la recherche d’une cause ce qui entraîne surmédicalisation, multiplications des examens inutiles et retard à une prise en charge efficiente.

 

L’importance de l’hygiène de vie

L’hygiène de vie et en particulier le maintien d’une activité physique et d’un sommeil de qualité sont indispensables pour sortir au plus vite de cet état de fatigue chronique.

Les stress, le surmenage doivent également être évités.

Les seules améliorations de l’hygiène et de la qualité de vie associées à la relaxation peuvent suffire dans les formes légères peu invalidantes de fatigue chronique.

 

Alimentation

Il importe d’équilibrer son alimentation afin d’éviter toute carence.

  • La diversité alimentaire est primordiale : variez les aliments.
  • Manger plus de fruits et légumes.
  • Préférer les graisses végétales aux graisses animales.
  • Limiter les plats industriels.
  • Bénéficier de la richesse en oméga-3 du poisson.

La consommation de thé est recommandée pour les vertus stimulantes de la théine.

Faites-vous aider par un nutritionniste ou un diététicien si vous avez de la difficulté à faire votre bilan alimentaire, à établir vos menus, à améliorer vos connaissances des aliments et de l’hygiène alimentaire ou si vous avez des problèmes de poids.

 

Activité physique

L’inactivité à laquelle mène la fatigue chronique est un facteur important de maintien de la fatigue en raison du déconditionnement musculaire induit.

La fatigue liée à l’activité physique n’est pas la même fatigue que la fatigue chronique, elle ne la renforce pas et, au contraire, vient s’y opposer.

La reprise des activités physiques se fait au mieux et avec efficacité grâce aux thérapies par exercice gradué (TEG).

Ces exercices gradués reposent sur le principe de la réhabilitation à l’effort selon des programmes progressifs spécifiquement adaptés à chaque sujet sous la direction d’un kinésithérapeute.

La marche est l’exercice principal de ces programmes à raison de 30 minutes 5 fois par semaine. Peu à peu, la marche s’améliore en rapidité et en distance parcourue avec parallèlement une diminution de la survenue de sensations de malaise après l’exercice.

Cette reprise progressive de l’exercice physique s’accompagne également d’une amélioration des troubles du sommeil et des symptômes anxieux ou dépressifs. Le sujet reprend confiance en lui et sa capacité de maîtrise et de contrôle de ses symptômes.

 

Respect de son sommeil

Il est particulièrement important, s’agissant de fatigue, d’avoir une parfaite hygiène de sommeil dans ses deux dimensions :

  • Respect de son propre rythme : horaires de coucher et de lever, durée de sommeil.
  • Qualité de son sommeil : conditions d’endormissement et de sa nuit (obscurité, silence, température de la chambre), caractère récupérateur du sommeil.

Les recommandations élémentaires concernant le sommeil sont :

  • Respectez un rituel correspondant à vos besoins : heure de coucher physiologique (sensation de sommeil, baillements), lever sans prolongation inutile.
  • Pièce calme sans stimuli sonores.
  • Obscurité.
  • Éviter la télévision dans la chambre, préférer la lecture et la musique douce.
  • Pas d’écrans numériques dont la lumière bleue inhibe la sécrétion physiologique de mélatonine, hormone du someil.
  • Respect de votre durée normale de sommeil (7 à 8 heures en général) que vous pouvez déterminer en repérant la durée au bout de laquelle vous vous levez sans ressentir de fatigue.

 

Médicaments

Aucun traitement médical médicamenteux n’a réellement fait la preuve d’une efficacité sur la fatigue chronique.

Néanmoins deux types de traitements médicamenteux ont une place dans la prise en charge :

  • Les médicaments antalgiques pour les maux de tête (céphalées), les douleurs musculaires ou articulaires du syndrome de fatigue chronique.
  • Les médicaments antidépresseurs indiqués en présence de symptômes anxieux ou dépressifs.

 

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)

Les TCC ont fait la preuve de leur efficacité dans la fatigue chronique.

Elles permettent au sujet d’affronter ses symptômes et son handicap sans les considérer comme uniquement psychogènes ou somatiques.

Elles permettent de corriger les facteurs cognitifs et comportementaux perpétuant la fatigue :

  • Croyance en l’existence d’une pathologie somatique sans traitement existant.
  • Pensées négatives sur l’exercice physique menant à son évitement.
  • Réponse systématique à la sensation de fatigue par un repos excessif entretenant un cercle vicieux.

En reposant sur le principe d’une augmentation progressive du niveau d’activité, elles permettent au sujet de percevoir peu à peu ses symptômes comme réversibles et s’améliorant avec le temps. Ainsi, c’est la fatigue qui progressivement s’adapte au niveau d’activité du sujet et non le contraire.

Elles se pratiquent chez un psychiatre ou un psychologue formé à ces techniques avec un nombre de séances généralement compris entre 15 et 20. Elles peuvent aujourd’hui être réalisées via Internet.

 

La place essentielle des pratiques complémentaires

Les thérapies alternatives visent essentiellement à réduire les perceptions douloureuses et à positiver l’image corporelle, à reprendre confiance dans ses capacités corporelles en focalisant l’attention sur des sensations agréables et en positivant les progrès accomplis dans la reprise des activités physiques.

Les techniques dites « corps-esprit » et les pratiques psychocorporelles occupent une place importante pour :

  • Réduire l’hypervigilance et l’hypersensibilité envers les symptômes de fatigue ressentis.
  • Diminuer l’inquiétude et l’anxiété.
  • Lutter contre la sensation d’envahissement par la fatigue et les autres symptômes.
  • Reprendre le contrôle sur son activité.
  • Appréhender la dimension psychosomatique de la fatigue chronique.

 

Massages

Les massages physiothérapiques doux peuvent atténuer les douleurs articulaires et musculaires par l’effet de relâchement qu’ils induisent.

De fait, tous les massages à visée de relaxation peuvent également être bénéfiques pour réduire les symptômes douloureux et redonner confiance dans le corps via les perceptions agréables et positives engendrées par le massage.

Ils contribuent de façon notable à l’évacuation du stress et de la tension nerveuse qu’on sait inducteurs ou amplificateurs de fatigue.

 

Yoga

Le Yoga en position couchée (isométrique) a montré son efficacité pour réduire significativement la fatigue de sujets souffrant de syndrome de fatigue chronique après 3 mois de pratique.

Il a également démontré sa faisabilité chez des sujets atteints de syndrome de fatigue chronique sévère.

 

Relaxation

Les techniques de relaxations permettent :

  • D’une part, grâce aux exercices sur la respiration, de réduire les tensions musculaires et donc la sensation de fatigue qu’elles génèrent.
  • D’autre part de refocaliser l’attention du sujet sur d’autres thématiques que la fatigue ressentie ou les douleurs et l’aider à se représenter mentalement en activité ce qui permet de réduire l’hypersensibilité envers les perceptions de fatigue.

En se focalisant sur le présent (ici et maintenant), la relaxation éloigne les anticipations anxieuses et réduit le stress.

 

Hypnose

L’hypnose ne peut à elle seule guérir la fatigue chronique mais elle constitue un complément efficace et très apprécié par les patients pour aider à reprendre le contrôle sur les symptômes comme la sensation de fatigue, leur réactivité au stress, les troubles de la mémoire ou le manque de motivation qui les envahissent.

Quelques séances peuvent parfois suffire pour accepter la fatigue chronique et en reprendre le contrôle sur ses perceptions et ses réactions.

 

Méditation de pleine conscience

La méditation de pleine conscience peut, au même titre que la relaxation, améliorer les patients atteints de fatigue chronique en leur permettant de mieux gérer le stress, la douleur et les épisodes de fatigue par :

  • Une prise de conscience de leur capacité de contrôle de leurs pensées et de leurs perceptions corporelles.
  • En abandonnant tout jugement sur leurs pensées et sur leurs ressentis.

 

Que conclure ?

  • La fatigue chronique est une plainte fréquente, le syndrome de fatigue chronique en est une forme particulièrement invalidante du fait de symptômes associés à fort retentissement surajouté sur la qualité de vie.
  • Elle est apparentée à la fibromyalgie et à l’intestin irritable, tous regroupés au sein des syndromes somatiques fonctionnels.
  • Il s’agit d’une authentique maladie psychosomatique à part entière.
  • L’hygiène de vie avec ses 3 composantes que sont l’alimentation, le sommeil et l’activité physique constitue un trépied thérapeutique fondamental de base sur lequel viendront se greffer les autres choix de prise en charge.
  • Les traitements médicamenteux ne sont que peu efficaces isolément et une prise en charge efficiente se doit d’associer des pratiques complémentaires selon les préférences des sujets et l’efficacité ressentie.

 

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