Philippe Schwartz
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La place importante des traitements non médicamenteux dans le syndrome de l’intestin irritable

Relaxation

Le syndrome de l’intestin irritable, également appelé colopathie fonctionnelle, est un trouble fonctionnel digestif qui inquiète souvent du fait de l’absence fréquente de soulagement complet des symptômes et de la succession des poussées de la maladie ou de la crainte d’avoir une maladie plus grave.

Ces inquiétudes se doublent souvent d’une répétition angoissante des examens complémentaires et d’un sentiment de rejet social en raison des répercussions de la maladie sur la vie quotidienne.

Il atteint 5 à 10% de la population et touche 2 fois plus de femmes que d’hommes.

 

Une vraie maladie, bénigne mais handicapante personnellement et socialement

La pathogénèse de l’intestin irritable est multifactorielle :

  • Trouble de la motricité digestive et de la perméabilité intestinale, avec comme conséquences un ralentissement (constipation) ou une accélération (diarrhée) du transit digestif avec une consistance trop ferme ou trop liquide des selles.
  • Un état inflammatoire des intestins à l’origine de douleurs abdominales plus ou moins intenses.
  • Des modifications du microbiote digestif majorant les troubles du transit et l’état inflammatoire digestif et impliqué dans l’inflammation locale intestinale.
  • Une hypersensibilité à la perception de la douleur intestinale, expliquant pourquoi le syndrome de l’intestin irritable peut être retrouvé associé à la fibromyalgie ou au syndrome de fatigue chronique.
  • Une vulnérabilité somatique faisant que les problèmes psychologiques ou les soucis de répercutent sur la sensibilité intestinale.
  • Des facteurs alimentaires aggravant ou entretenant les symptômes digestifs.

 

Les symptômes débutent le plus souvent à un âge relativement jeune, entre 20 et 45 ans.

L’intestin irritable se manifeste par:

  • Des douleurs abdominales à type de coliques qui peuvent être légères ou importantes avec un retentissement notable sur la vie quotidienne et de survenue de fréquence élevée (au moins une fois par semaine depuis plus de 6 mois).
  • Des ballonnements, pesanteurs, flatulences.
  • Des troubles du transit avec modification de la consistance des selles qui peuvent être de la constipation, des diarrhées ou une alternance des deux.
  • Parfois des douleurs ou des inconforts abdominaux difficiles à caractériser.

Le syndrome de l’intestin irritable est souvent associé à un syndrome dépressif ou à une anxiété importante du fait de la durée de son évolution et de l’altération de la qualité de vie qu’il entraîne ou du déséquilibre du microbiote intestinal

L’évolution se fait par poussées entrecoupées de périodes de rémissions

Une bonne hygiène de vie, notamment sur les plans alimentaires et des activités physiques, est indispensable et permet souvent un soulagement symptomatique notable.

 

Un diagnostic essentiellement clinique

Aucun examen ou test n’est spécifique du syndrome de l’intestin irritable. Le diagnostic ne peut donc en être affirmé qu’après élimination des autres diagnostics possibles

Les examens complémentaires réalisés ont en revanche une importance pour éliminer d’autres diagnostics (maladie inflammatoire digestive, polypes pathologiques, maladie cœliaque, problème thyroïdien, parasitose intestinale, etc).

Il s’agit essentiellement d’examens sanguins (prise de sang) et de la coloscopie (examen de l’intérieur des intestins avec une petite caméra introduite par l’anus).

 

L’importance majeure d’une bonne alimentation

Les recommandations de base peuvent se résumer ainsi:

  • Faire 3 repas par jour, suffisants en quantité pour ne plus avoir faim et ne pas se sentir trop plein.
  • Manger lentement en mâchant suffisamment.
  • Répartir les apports en fruits et légumes sur l’ensemble des 3 repas.
  • Favoriser les légumes cuits et les apports en fibres solubles (avoine, orge, sarrasin, seigle, pommes épluchées).
  • Limiter les plats gras ou épicés, le café, l’alcool.
  • Éviter les boissons gazeuses et les édulcorants.

Aucun régime d’exclusion alimentaire ne se justifie dans le syndrome de l’intestin irritable.

Beaucoup de sujets font un lien entre certains éléments de leur alimentation et la survenue ou la recrudescence des symptômes de leur maladie. Il peut s’en suivre une exclusion de certains aliments, très variable selon les individus, pouvant être préjudiciable à un bon équilibre alimentaire.

Il faut souligner que certains régimes alimentaires, comme les régimes alimentaires riches en fibres (légumes, fruits en excès) ou en aliments fermentant (pois, lentilles, choux, etc.), favorisent la production de gaz intestinaux ou une fermentation qui peuvent aggraver la distension intestinale et donc les douleurs, et doivent être évités.

Au contraire, un régime pauvre en « FODMAP » (glucides à chaine courte peu absorbés par l’intestin et générateurs de gaz intestinaux dont font partie le fructose et le lactose) est souvent préconisé dans l’intestin irritable.

Un conseil diététique est donc fréquemment souhaitable pour équilibrer les repas.

 

Avoir une activité physique régulière est essentiel

L’activité physique réduit la sévérité de la maladie et son effet se maintient durablement dans le temps.

Elle constitue un axe essentiel du traitement de l’intestin irritable.

Elle doit bien sûr être adaptée aux aptitudes physiques de chacun et à ses préférences (marche, natation, vélo, jardinage, etc.).

 

Respecter ses besoins en sommeil

Le respect de ses besoins et de son rythme de sommeil est important pour éviter l’effet aggravant des dettes de sommeil sur l’anxiété liée à la maladie.

 

Les médicaments prescrits par le médecin

Il n’existe aucun traitement définitivement curatif de l’intestin irritable, ce qui peut mettre en échec la médecine conventionnelle et être à l’origine de difficultés relationnelles avec le corps médical.

Les symptômes peuvent en revanche être soulagés et la fréquence de leur survenue réduite.

Les principaux médicaments utilisés sont:

  • Les antispasmodiques contre les douleurs.
  • Les laxatifs contre la constipation.
  • Les antidiarrhéiques contre la diarrhée.
  • Certains antidépresseurs avec une double action à la fois contre les douleurs et lorsqu’il existe une répercussion dépressive de la maladie.

 

Une place pour l’hydrothérapie et la balnéothérapie

Hydrothérapie et balnéothérapie sont des pratiques intéressantes dans l’intestin irritable car elles en abordent les 2 dimensions essentielles :

  • La souffrance psychique liée au stress de la survenue des troubles digestifs par la détente qu’elles procurent.
  • La douleur abdominale par la combinaison de massages manuels (enveloppements, modelages) et de massages par l’eau (douche à jet).

 

Une place privilégiée pour les pratiques psychocorporelles

Les pratiques psychocorporelles occupent une place de premier plan dans la prise en charge du syndrome de l’intestin irritable par les bénéfices qu’elles procurent :

  • Physiquement sur le plan digestif (mobilisation intestinale).
  • Psychiquement sur le plan de la gestion des événements ou pensées stressantes et sur la maîtrise de la sensation douloureuse.

 

Les massages

La pratique des auto-massages permet de soulager efficacement les douleurs abdominales dans le syndrome de l’intestin irritable :

  • Massages circulaires avec la paume de la main autour du nombril, combinés à une respiration ample et profonde en position allongée, en augmentant progressivement la pression pendant 5 minutes, contre les douleurs à type de colique.
  • Pression abdominale avec les doigts des 2 mains de part et d’autre du nombril en inspirant profondément pour gonfler le ventre en position assise et en étirant le ventre vers l’extérieur avec les doigts, en cas de ballonnement. Recommencez 5 fois l’exercice.

La seule respiration abdominale ample et profonde permet un massage « interne » des organes digestifs grâce aux mouvements du diaphragme.

Par ailleurs, certaines techniques de massage dérivées du Qi Gong, massage via des effleurages appuyés, soulagent les ballonnements et les douleurs spasmodiques. Ils sont pratiqués dans les instituts de massage et les établissements de balnéothérapie.

 

Les techniques dites « corps- esprit »

Toutes les pratiques aboutissant à une meilleure gestion du stress, de l’anxiété et des perceptions douloureuses peuvent contribuer à réduire l’anxiété liée à la maladie et donc à réduire la fréquence et l’intensité des poussées.

 

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)

Les TCC peuvent apporter un bénéfice chez 60% des patients.

Leur objectif est de modifier la réactivité émotionnelle envers les symptômes, notamment en modifiant les stratégies d’adaptation aux symptômes du sujet.

 

Yoga

La pratique du yoga permet d’associer un travail de relaxation et une mobilisation du corps favorable à l’appareil digestif :

  • Meilleure gestion du stress.
  • Amélioration de la perception des douleurs corporelles.
  • Mobilisation du tube digestif via la respiration abdominale.
  • Exercices posturaux en flexion, en inversion et en torsion mobilisant les intestins et favorisant la normalisation du transit.
  • Renforcement des muscles de la ceinture abdominale de soutien des organes digestifs.

Les bienfaits symptomatiques du yoga sont observés après 2 à 3 semaines d’exercices quotidiens.

 

Relaxation

La relaxation est une approche opérante, en particulier si le stress apparaît être un facteur déclenchant des poussées.

La pratique de la respiration abdominale, élément fondamental de la technique de relaxation, permet à la fois l’apprentissage d’une méthode de gestion du stress et la réalisation d’un massage « interne » des intestins apportant, par le biais de leur mobilisation, une amélioration des douleurs, des ballonnements et du transit.

 

Hypnose

L’hypnose semble efficace et d’un effet durable dès 2 à 3 séances, en particulier pour réduire l’hypersensibilité aux perceptions douloureuses.

Le patient est amené à prendre conscience de sa sensibilité viscérale et de sa motricité intestinale et à les contrôler.

Elle pourrait améliorer 50 à 80% des patients en échec des traitements médicaux classiques.

 

Méditation de pleine conscience

En apprenant au sujet à se focaliser sur l’instant présent et sur ses perceptions internes, la méditation améliore les symptômes et la qualité de vie dans l’intestin irritable.

 

Que conclure ?

• Le syndrome de l’intestin irritable est une vraie maladie, bénigne mais handicapante.

• Une bonne relation entre le patient et ses soignants est primordiale pour favoriser une relation de confiance indispensable à une bonne continuité et cohérence des traitements.

• Savoir qu’il s’agit d’une maladie bénigne et comprendre les mécanismes de l’intestin irritable est important pour réduire l’anxiété liée à la maladie et donc les résurgences symptomatiques d’origine psychologique.

Toutes les options de prise en charge doivent être proposées en association ou de façon successive. Un échec à une modalité de prise en charge n’est en aucun cas un échec du traitement de l’intestin irritable.

• Une association à connaître et où s’adresser, l’Association des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable : https://www.apssii.org/accueil/index.php

 

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