Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Reims
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La notion d’identité sexuelle

Sexologie

Nos identités sexuelles ne se réduisent pas à nos apparences sexuelles génitales.

Elles se définissent en fonction de multiples critères qui sont biologiques, psychologiques et sociaux :

  • Notre sexe biologique : chromosomes, morphologie physique.
  • Notre genre, vécu, social et culturel : façon dont nous nous ressentons sexuellement au fond de nous-mêmes et socialement, c’est-à-dire masculin ou féminin. On peut changer de genre au cours de sa vie.
  • Notre orientation sexuelle : attirance pour le sexe opposé (hétérosexualité) ou pour le même sexe que soi (homosexualité) mais également possiblement pour les sujets transgenres.

L’identité sexuelle d’un individu est ainsi une construction qui évolue tout au long de la vie et est la résultante de ses dimensions biologiques (génétique et hormonale), de la maturation psychologique personnelle, du contexte éducatif puis social dans lequel il évolue, de ses attirances et de ses préférences amoureuses et sexuelles.

Il nous a semblé intéressant de procéder à une mise au point sur ce thème dont on entend de plus en plus parler dans les médias du fait de la libération des revendications de reconnaissance des différences de vécus identitaires sexuels (« LGBT »).

 

L’identité sexuelle biologique ou identité sexuée

Cette dimension concerne le sujet dans son être morphologique et biologique.

Elle regroupe les notions de sexe génétique, génital (gonadique) et corporel (phénotype).

Le sexe génétique est celui défini par la paire de chromosomes dits sexuels XX (fille) ou XY (garçon) contenus dans le noyau des cellules de l’organisme (matériel génétique).

Le sexe gonadique ou hormonal correspond à l’existence d’ovaires chez la fille et de testicules chez le garçon. Ces « gonades » ont chacune une production hormonale spécifique (testostérone, estrogènes) dont l’action va conditionner l’apparence sexuelle corporelle ou phénotype.

Le sexe dit phénotypique correspond à l’apparence sexuelle corporelle comprenant :

  • Les organes génitaux externes : vulve, clitoris, pénis, testicules. C’est sur cette différenciation anatomique à la naissance que se fonde l’identité sexuelle civile ou identité d’assignation.
  • Les organes génitaux internes : ovaires, utérus, vagin.
  • Les caractères sexuels apparaissant à la puberté : forme du corps, pilosité, seins.

 

Anomalies biologiques de l’identité sexuelle

A ce niveau biologique, l’identité sexuelle peut être perturbée par des anomalies chromosomiques, génétiques ou hormonales qui aboutissent à la naissance d’enfants dits intersexués (environ 0,5% des naissances).

 

Syndrome de Turner chez la fille

  • Présence d’un seul chromosome sexuel X.
  • Apparence féminine mais absence de développement ovarien et de caractères sexuels secondaires.

 

Syndrome de Klinefelter chez le garçon

  • XXY au lieu de XY (1 chromosome X surnuméraire).
  • Apparence masculine mais atrophie des organes génitaux et gynécomastie (seins chez l’homme) dans presque la moitié des cas.

 

Les hermaphrodismes ou ambiguïtés sexuelles

Il s’agit de combinaisons chromosomiques anormales variables qui se traduisent par un mélange de tissu ovarien et de tissu testiculaire chez un même sujet, d’où la dénomination d’ambiguïté sexuelle à la naissance.

Tous les aspects morphologiques peuvent être observés, de l’apparence féminine avec une hypertrophie importante du clitoris à l’apparence masculine avec des anomalies du pénis et un orifice vaginal plus ou moins développé.

 

Les pseudo-hermaphrodismes

Ce sont des hermaphrodismes dont la cause est une anomalie hormonale entraînant une absence de masculinisation des organes génitaux (apparence féminine ou ambiguïté sexuelle) chez le sujet XY (garçon) ou, à l’inverse, une masculinisation des organes génitaux externes chez un sujet XX (fille).

 

L’identité sexuelle psychosociale ou identité de genre

Cette dimension concerne le sujet dans son identité, son ressenti de lui-même.

L’identité de genre est le sentiment d’appartenance à la population masculine ou à la population féminine, c’est-à-dire se sentir femme ou homme. Elle peut être en cohérence ou non avec le sexe biologique apparent, fille ou garçon.

Elle concerne le vécu de la sexualité sur les plans comportemental, social et légal.

L’identité sexuelle psychosociale se précise lors du développement de l’individu dans ses comportements, ses attitudes et son vécu d’être sexué.

Elle intègre ainsi :

  • Une dimension psychologique.
  • Le sentiment d’appartenance identitaire au groupe des femmes ou au groupe des hommes.
  • Une dimension sociale de reconnaissance en tant que femme ou homme.
  • Une dimension comportementale en accord avec le rôle sexué.

 

L’identité sexuelle d’orientation ou sexualité proprement dite

Cette dimension concerne le sujet dans son désir sexuel et dans sa sexualité.

Elle comprend les choix sexuels en termes de partenaires, le vécu sexuel en termes de désir et de plaisir.

Elle se compose de trois dimensions :

  • L’attirance sexuelle.
  • Le comportement genré masculin ou féminin.
  • Le retentissement de l’acceptation ou non de sa sexualité par soi-même et par les autres.

Aussi la sexualité d’un individu vient non seulement renforcer son comportement de féminité ou de masculinité mais aussi influer sur son état de bonheur et de bien-être par son acceptation ou non.

Cette acceptation ou non acceptation peut provenir de soi (éducation, contexte socioculturel, etc.) ou des autres (stigmatisation, jugement moral, contexte socioculturel, contexte professionnel, etc.). D’où qu’elle provienne, la non acceptation aboutit à une souffrance en général profonde de l’individu allant souvent jusqu’à des envies suicidaires.

On peut ainsi définir :

  • L’attirance sexuelle pour le genre opposé : hétérosexualité.
  • L’attirance sexuelle pour le même genre que soi : homosexualité.
  • L’attirance sexuelle pour les deux genres : bisexualité.
  • L’attirance sexuelle pour tous les genres y compris les transgenres : pansexualité.

 

Petit rappel sur l’homosexualité

  • L’homosexualité n’est ni une maladie ni une anomalie biologique ni un trouble de la personnalité.
  • Elle ne résulte pas d’un choix volontaire, c’est une orientation sexuelle au même titre que l’hétérosexualité.
  • Elle est une pratique sexuelle non rare et a existé de toute l’histoire de l’humanité.
  • Elle n’a pas de retentissement sur la vie sociale et relationnelle des sujets.

 

L’identité sexuelle est ainsi la résultante des identités sexuée, de genre et d’orientation

Le plus souvent, les identités biologiques et psychosociale sont concordantes. Dans le cas contraire, on parle de transidentité ou de transgenre ou de transsexualisme.

L’identité sexuelle est un élément fondamental de l’identité et de la personnalité d’un sujet allant de son image corporelle aux sentiments et émotions qu’il ressent en passant par ses comportements et ses désirs.

Qu’il y ait ou non concordance entre les différentes dimensions de l’identité sexuelle, l’acceptation de son corps demeure une condition importante de l’épanouissement sexuel.

 

La notion de bisexualité psychique

Même si un sujet s’affirme comme femme ou comme homme, son psychisme est constitué d’une partie féminine et d’une partie masculine.

La notion de bisexualité psychique n’est absolument pas liée à un comportement bisexuel.

Au dela des interprétations psychodynamiques et des rôles sociaux classiquement respectivement attribués aux femmes et aux hommes mais qui tendent à s’estomper, on peut parler d’émotivité, de sensibilité, de propension à jouer dans l’enfance ne présageant pas de l’orientation sexuelle future ni de l’identité de genre qui se façonnera avec le développement, etc.

 

La place de l’apprentissage social

L’apprentissage social de son rôle sexué chez l’enfant résulte de l’interaction permanente entre son sexe biologique ou d’assignation et les renforcements positifs ou négatifs qu’il rencontre dans son éducation et son développement.

Ces renforcements peuvent provenir des modèles représentés par son entourage, des activités genrées qui lui sont proposées, de processus de développement basés sur le mimétisme, des attentes perçues de la part de l’entourage, du contexte culturel anthropologique (la conception d’une similitude entre sexe biologique et genre varie selon les ethnocultures), etc.

Ainsi dans les sociétés occidentales, l’éducation et la société visent plutôt à ce que les filles évoluent vers un rôle de « femme » et les garçons vers un rôle « d’homme » alors que dans d’autres cultures la filiation entre sexe et genre n’est pas aussi formelle et les définitions de la féminité et de la masculinité pas aussi clairement définies ou « binarisées ».

On peut citer par exemple :

  • Les Inuits (Canada) où le genre attribué à l’enfant (et donc son éducation) est fonction du genre de l’ancêtre dont on lui attribue la réincarnation.
  • Les femmes mariées mais qui s’avèrent être stériles dans l’ethnie africaine des Nuer sont reconnues « hommes » ce qui leur permet de pouvoir, en se mariant avec une femme, accéder à la place sociale de chef de famille et de ne pas être des parias sans rôle social reconnu pour la collectivité.

 

Qu’appelle-t-on la culture « Queer » ?

En anglais, Queer signifie bizarre ou étrange et a été utilisé comme insulte envers les homosexuels avant d’être adopté par les mouvements féministes pour revendiquer l’intégration de tous les individus ayant une sexualité non socialement « conventionnelle » ou non « binaire ».

Elle considère l’identité de genre comme une construction sociale imposée par la société et ne respectant pas le désir naturel des individus.

 

Pourquoi il est important d’avoir conscience de la complexité de l’identité sexuelle ?

Une sexualité « normale » n’existe pas. Les partenaires sexuels doivent être libres de leurs choix de partenaires, de leur choix de sexualité, de l’affirmation de leur désir et de l’assouvissement de leur plaisir dès lors que la sexualité est consentie et qu’elle ne provoque pas de souffrance.

 

Quelques définitions

  • Agenre : sujet ne s’identifiant à aucun genre.
  • Cisgenre : sujet en parfait accord (congruence) avec son assignation sexuelle à la naissance.
  • Cisexisme : système ou pensée privilégiant les sujets qui s’identifient au genre qui leur a été assigné à la naissance au détriment des sujets s’identifiant à un genre différent de leur sexe d’assignation ou à un genre flexible.
  • Coming out : révélation de son identité de genre ou de son orientation sexuelle.
  • Genre flexible ou gender fluid : sujet oscillant entre un genre et un autre.
  • Intersexe : sujet né avec des caractéristiques morphologiques, chromosomiques, hormonales qui ne permettent pas, médicalement, de l’assigner comme étant fille ou garçon.
  • LGBT (communauté LGBT) : homosexuelles (Lesbian) homosexuels (Gay) Bisxuels Transgenres.
  • Non-binarité : sujets transgenres ne se reconnaissant ni dans un sexe ni dans l’autre (ni complètement fille ni complètement garçon).
  • Sexe assigné : sexe morphologique externe déclaré à la naissance, sexe légal de naissance.
  • Transgenre : sujet ne se reconnaissant pas dans le sexe qui lui a été assigné à la naissance (transidentité) sans pour autant nier son sexe de naissance. Une femme « trans » a été assignée homme à la naissance mais s’auto-identifie comme femme. Inversement un homme « trans » a été assigné femme mais se vit comme homme.
  • Transsexualisme : divergence entre le sexe génétique et le sentiment d’appartenance au genre opposé, avec déni du sexe de naissance et demande fréquente de changement de sexe pour harmoniser son sexe physique avec son identité de genre.

 

Que conclure ?

La sexualité est présente dans tous les médias et pourtant la question de l’identité sexuelle est complètement occultée.

L’hétérosexualité et les notions de filles/garçons et femmes/hommes sont toujours une norme face à laquelle les affirmations de genre ou de sexualité différentes sont distinguées sous le nom de « coming out » et les « écarts de genre » par rapport à la « norme » font effet de curiosités voire de dénigrement et de stigmatisation.

Or certains individus trouvent l’identité qui les rend heureux en ne se conformant pas au rôle genré qui leur a été attribué, peuvent ne se sentir ni homme ni femme ou se sentir les deux à la fois.

L’éducation sexuelle doit être une éducation qui ne se borne pas aux différences entre fille et garçon, entre femme et homme, mais doit inclure tous les genres et toutes les orientations sexuelles en s’étendant aux notions d’image et de vécu corporel, d’amour, d’amitié, de sentiments ressentis et d’émotions, de vécu intime, de plaisir et de désir. C’est à cette condition que les sexualités « différentes » seront acceptées par tous et que pourront disparaître la stigmatisation, la marginalisation et la souffrance (allant souvent jusqu’au suicide) de ceux qui trouvent leur bonheur dans un genre ou une sexualité « non conventionnels ».

 

Abramow C. Le petit manuel sex éducation. Netflix, 2020

Corps accord. Guide de sexualité positive. Éditions du Remue-Ménage, Montréal (Québec), 2019

De l’amour. Fragments d’un discours scientifique. Actes Sud Ed., Paris, 2019

Descheneaux J et coll. Promouvoir des programmes d’éducation à la sexualité positive, inclusive et émancipatrice. UQAM Ed., Montréal (Québec), 2018

Dessaux N, Cudicio P. Identité sexuelle. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie. Elsevier Ed., 2014

Gorin-Lazard A. Troubles de l’identité de genre. In Courtois F, Bonierbale M. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016

Lansac J, Lopès P. Questions sexo. Eyrolles Ed., 2017


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