Philippe Schwartz
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La ménopause et son contexte

Sexologie

Après avoir longtemps été un phénomène social (fin de la vie « utile » de la femme) puis avoir été médicalisée comme une maladie source de multiples autres pathologies, la ménopause a enfin pris sa place d’évolution physiologique de la vie de la femme sans être synonyme d’arrêt de la vie sociale, de sa vie personnelle, affective, amoureuse et sexuelle.

 

Définition : l’arrêt de la survenue des menstruations (règles) depuis un an.

La définition de la ménopause est l’arrêt des règles ou menstruations (aménorrhée) depuis au moins un an.

Cet arrêt des menstruations résulte de l’arrêt de la sécrétion ovarienne d’hormones estrogéniques, notamment l’estradiol, avec comme première conséquence la fin de l’activité d’ovulation et donc de la possibilité de grossesse.

On parle d’insuffisance ovarienne acquise liée à l’âge et elle survient physiologiquement vers l’âge de 50 ans.

Lorsqu’elle survient plus tôt (plus près de 40 ans), on parle de ménopause précoce.

 

Signes et symptômes de la fin des sécrétions hormonales ovariennes

La survenue de l’insuffisance ovarienne physiologique de la ménopause ne se fait pas brutalement. Elle débute par l’alternance de signes divers et de phases sans trouble, caractérisant une période dite de péri-ménopause.

La péri-ménopause se définit comme allant des dernières règles jusqu’à l’anniversaire de leur survenue. Elle peut apparaître jusqu’à 10 voire 15 ans avant la ménopause.

Ces signes ou symptômes peuvent être de diverses formes :

  • Anomalies du cycle menstruel : modification de la durée des cycles, règles plus ou moins importantes, etc.
  • Apparition de signes fonctionnels dits climatériques c’est-à-dire liés à la ménopause : bouffées de chaleur, rougeurs du visage, irritabilité, fatigue, etc.
  • Sur le plan sexuel : diminution du désir, de l’excitabilité, de l’intensité orgasmique, aboutissant souvent à une réduction de l’activité sexuelle.

Il peut également persister après la ménopause une petite activité ovarienne résiduelle liée à la résurgence de quelques follicules, pouvant entraîner une disparition transitoire des symptômes fonctionnels de la ménopause (signes climatériques).

 

L’ovaire produit également des androgènes

Il existe également au niveau ovarien une production et une sécrétion d’hormones androgènes (testostérone).

La diminution de leur production n’est toutefois que de l’ordre de 50% du fait que la majeure partie de la production d’androgènes est le fait des glandes surrénales.

Mais cette production surrénale peut diminuer également progressivement avec l’âge et la baisse des androgènes peut alors entraîner :

  • Avant tout une baisse du désir sexuel.
  • Une disparition de l’imaginaire érotique.
  • Une diminution de l’excitation sexuelle et des orgasmes.
  • Une diminution de la vitalité, une fatigue.
  • Des symptômes anxiodépressifs.

Même si les conséquences androgéniques de la ménopause sont plus rares et plus tardives, une possible intrication est néanmoins possible et relève d’une prise en charge médicale.

 

Le diagnostic de la ménopause

Quatre signes cardinaux permettent de poser de par leur seule présence le diagnostic de ménopause :

  • Bouffées vasomotrices ou bouffées de chaleur, symptôme le plus fréquemment rapporté, apparaissant lors de la péri-ménopause et pouvant persister quelques années après la ménopause.
  • Sueurs nocturnes.
  • Sécheresse vaginale et troubles urinaires.
  • Présence d’autres signes fréquemment associés.

Tous ces signes surviennent de façon très variable selon les femmes. Seules les bouffées vasomotrices sont relativement constantes et concernent presque 70% des femmes ménopausées.

Les bouffées de chaleur surviennent autant le jour que la nuit. Elles débutent au niveau du thorax et diffusent au visage avec rougeurs (flush), sueurs (hypersudation) et souvent sensation de palpitations. Elles durent en général entre 30 secondes et 2 minutes et disparaissent. Elles peuvent être déclenchées par le stress, la prise d’alcool ou de boissons chaudes comme le café.

Les sueurs nocturnes peuvent apparaître indépendamment des bouffées vasomotrices. Elles réveillent en général les femmes et peuvent avoir un retentissement notable sur le sommeil (insomnies).

La sécheresse vulvovaginale liée au déficit hormonal estrogénique est le principal symptôme génito-urinaire lié à la ménopause. Elle devient plus prononcée à mesure que la ménopause est ancienne (atrophie de la muqueuse vaginale) et entraîne une douleur lors des rapports sexuels et souvent lors de la pénétration et est dite dyspareunie d’intromission. L’atrophie vaginale succédant à la seule sécheresse vaginale va entraîner des douleurs plus profondes (dyspareunies profondes).

Sur le plan urinaire, la carence en estrogènes favorise la survenue d’infections urinaires, de difficultés à uriner, d’impériosités mictionnelles voire de pertes urinaires. Ces troubles arrivent plus tardivement avec l’évolution de la ménopause.

Sur le plan physique et de l’image corporelle, le déficit estrogénique entraîne une redistribution du tissu graisseux vers l’abdomen. La prise de poids lors de la ménopause est plus progressive.

Les autres signes souvent associés rassemblent les conséquences des symptômes précédents :

  • Altération du sommeil avec fatigue, irritabilité, manque d’attention et de concentration, difficultés de mémoire.
  • Irritabilité dans les relations sociales.
  • Symptômes dépressifs.
  • Parfois douleurs articulaires ou ligamentaires.

Tous ces symptômes se conjuguent pour venir perturber la vie sexuelle et intime de la femme et du couple, qu’il s’agisse des symptômes eux-mêmes (dyspareunie, troubles urinaires) ou de leur retentissement (fatigue, irritabilité, baisse du désir, etc.).

Le diagnostic de ménopause pourra être confirmé biologiquement par la réalisation de dosages hormonaux.

 

Les effets à long terme de la ménopause installée

La carence estrogénique a des conséquences physiques notables sur la qualité de vie de la femme, notamment aux niveaux osseux et vasculaires.

Ces conséquences à long terme de la ménopause peuvent également avoir un retentissement sur la santé sexuelle de la femme et du couple.

 

Diminution de la solidité osseuse (ostéoporose)

L’ostéoporose post-ménopausique est une diminution de la densité des os qui concerne l’ensemble du squelette mais plus particulièrement les poignets, les hanches et la colonne vertébrale. Elle survient 20 à 30 ans après le début de la ménopause et concerne environ 25% des femmes ménopausées.

Cette diminution de densité peut être à l’origine de fractures, ou de tassements au niveau des vertèbres, survenant lors de traumatismes peu importants.

Son importance s’évalue par la mesure de la densité minérale osseuse (DMO).

 

Augmentation du risque cardiovasculaire

La carence en estrogènes fait disparaître l’avantage féminin envers l’athérome artériel et en particulier envers les atteintes coronaires.

 

Le contexte de la période ménopausique

La sexualité lors de la ménopause est à un point de convergence entre modifications hormonales, familiales, sociales et psychologiques.

C’est ainsi souvent aussi une période où l’individu fait le bilan de sa vie parentale, sociale ou professionnelle, et de remise en question de ses valeurs et priorités de vie.

On ne peut pas aborder la ménopause sans tenir compte du contexte de vie également lié à cette période de la vie de la femme :

  • Étape particulière de la vie du couple, aussi importante que ses débuts amoureux ou que l’irruption de la parentalité.
  • Départ de la maison des enfants devenus grands.
  • Vieillissement de la femme et du couple.

Tout ceci concoure à faire de la ménopause un moment très particulier de la vie de la femme qu’il importe de prendre en compte dans toutes ses dimensions, physiques, psychologiques et environnementales.

 

La ménopause s’intègre dans des modifications parfois multiples de l’individu, du couple, de la famille qui sont à considérer pour pouvoir envisager une vie affective et sexuelle harmonieuse et satisfaisante.

 

Delanoë D. La ménopause comme phénomène culturel. Champ Psychosomatique, 2001 ; 24 : 57-67

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