Philippe Schwartz
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Éjaculation prématurée : de quoi parle-t-on ?

17 Jan 2022 Philippe Schwartz Sexologie

  • L’éjaculation prématurée est une plainte sexuelle fréquente et s’accompagne d’une altération importante de la qualité de vie en termes de souffrance individuelle et de couple.
  • Les sujets en souffrant consultent trop peu pour cette plainte alors qu’ils en souffrent ainsi que leur partenaire et qu’il existe des traitements efficaces.

 

L’éjaculation prématurée, ou éjaculation précoce, représente la plainte sexuelle la plus fréquente chez l’homme puisqu’elle concerne 20 à 30% des hommes.

Moins d’un homme atteint sur quatre s’en plaint ce qui est regrettable puisque des combinaisons thérapeutiques efficaces existent.

Cette plainte est en hausse depuis plusieurs années, vraisemblablement de façon secondaire au stress de la performance de plus en plus présent dans la société et d’une conception très centrée sur la pénétration du rapport sexuel.

 

Une éjaculation trop rapide entraînant une insatisfaction sexuelle et une souffrance pour l’homme, sa partenaire et le couple

L’éjaculation prématurée se définit comme une éjaculation survenant :

  • A la suite de stimulations sexuelles minimes.
  • Avant, pendant ou juste après la pénétration.
  • Avant que le sujet le souhaite car ne pouvant contrôler son réflexe éjaculatoire.
  • De façon répétée ou permanente depuis au moins 6 mois, lors de la majorité des rapports sexuels (pénétration) et en général avec toutes les partenaires.
  • Trop rapidement pour que la partenaire puisse accéder au plaisir lors du rapport sexuel vaginal.

Elle s’accompagne d’une souffrance significative.

 

Une importante souffrance associée

L’éjaculation prématurée s’accompagne d’un sentiment de tristesse, de peine, de mal-être et de frustration à l’origine d’une souffrance psychologique parfois importante qui concerne non seulement le sujet mais en général le couple en raison de l’insatisfaction sexuelle qu’elle génère.

Deux conséquences notables sont associées à cette souffrance :

  • La tendance à provoquer un évitement anxieux des relations sexuelle par crainte de renouveler l’insatisfaction.
  • L’apparition d’une perte de confiance en soi et d’un sentiment de dévalorisation, de culpabilité, d’échec, d’insécurité, d’infériorité.

Tous ces éléments aboutissent à une altération de la qualité de vie du sujet et des relations du couple, et à de fréquents états dépressifs.

L’impact de l’éjaculation précoce sur le sujet, sur sa partenaire et sur leur couple, a été analysé en 2014 dans l’étude Emoi avec les résultats suivants :

  • L’éjaculation prématurée était une cause de mésentente avec la partenaire dans 57% des cas et de divorce ou de séparation dans 22% des cas.
  • Elle a été un des facteurs menant à l’infidélité dans 30% des cas.
  • Un sentiment de honte est ressenti par 62% des hommes atteints.
  • 67% des hommes en souffrant n’ont pas consulté et 54% ignoraient que des traitements existent.

L’éjaculation prématurée est donc à l’origine d’une souffrance notable et fait l’objet d’un défaut important de connaissance dans le public, privant de nombreux sujets et couple de solutions efficaces.

 

Pourquoi éjaculer trop rapidement est problématique ?

On pourrait penser que l’éjaculation pourrait ne pas être un obstacle à la poursuite du rapport sexuel mais en fait celui-ci n’est en fait plus possible après l’émission de l’éjaculat.

En effet, lorsque l’excitation réflexe atteint le seuil de déclenchement de l’éjaculation, celle-ci s’accompagne d’une perte physiologique de l’érection.

 

Il existe des formes particulières

L’éjaculation dite anteportas est une éjaculation qui survient avant la pénétration, durant les préliminaires ou dès le contact avec la vulve de la partenaire.

Une éjaculation prématurée dite émotionnelle peut être favorisée par l’excitation de la partenaire.

Une éjaculation prématurée dite écran est appelée ainsi car elle vient masquer une dysfonction érectile sous-jacente, le sujet s’étant conditionné à éjaculer avant que son érection ne faiblisse, en général du fait de l’existence d’une anxiété d’anticipation de l’échec érectile.

Certaines éjaculations prématurées sont dites relationnelles car survenant de façon sélective selon les partenaires et traduisent souvent un dysfonctionnement relationnel. On peut ainsi avoir un homme souhaitant mettre rapidement fin aux rapports sexuels ou à l’inverse une femme amenant l’homme à éjaculer rapidement dans des contextes qui peuvent être divers (mésentente conjugale, absence de désir, trouble sexuel, etc.).

 

Toutes les éjaculations trop rapides ne sont pas des éjaculations prématurées au sens pathologique

Une éjaculation trop rapide survenant de façon variable, non permanente et de façon inconstante peut survenir tout à fait normalement dans des situations d’excitation intense, d’état de grande relaxation ou après une période d’abstinence.

 

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic se fait sur la description du trouble par le sujet qui en général en a déjà lui-même fait le diagnostic.

Le délai d’éjaculation moyen lors de la pénétration est de 5 à 6 minutes voire jusqu’à 9 minutes.

Par définition une éjaculation est dite prématurée lorsqu’elle survient moins de 1,5 minutes après la pénétration. Dans 90% des cas, elle survient moins d’une minute après la pénétration.

Le sujet souffrant d’éjaculation prématuré décrit bien son impossibilité de contrôler la survenue de son éjaculation.

On retient un délai d’éjaculation inférieur à 3 minutes pour les éjaculations prématurées dites secondaires c’est-à-dire acquises, survenant alors que le délai d’éjaculation était auparavant satisfaisant. Le plus souvent, les éjaculations prématurées secondaires sont dues à des difficultés relationnelles.

Le délai de survenue de l’éjaculation doit toujours être apprécié en fonction de la satisfaction sexuelle de la partenaire et du couple et en fonction de la présence ou de l’absence d’un ressenti de souffrance du sujet ou de sa partenaire. Si la partenaire est sexuellement satisfaite et la relation satisfaisante et heureuse, il est difficile de parler de trouble pathologique.

 

Bou Jaoudé G. troubles de l’éjaculation. In Courtois F, Bonierbale M et coll. Médecine sexuelle. Lavoisier Ed., Paris, 2016

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