Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
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Durant la grossesse, une sexualité sous influences

Sexologie

La grossesse est une période particulière de la vie sexuelle de la femme et elle l’est également pour le couple.

 

Influence des modifications hormonales

La grossesse s’accompagne d’une augmentation importante de la production d’hormones sexuelles (estrogènes, progestérone puis ocytocine lors de l’accouchement).

Les estrogènes vont stimuler le développement des organes génitaux, la progestérone va faire de l’utérus le lieu du développement de l’enfant et aura une action calmante at apaisante sur la femme, l’ocytocine va favoriser le lien d’attachement entre la future mère et l’enfant à naître.

 

L’ocytocine

L’ocytocine est l’hormone qui favorise la création du lien affectif et l’attachement. Elle intervient à la fois dans les relations amoureuses que dans les relations sociales, familiales, amicales.

Elle possède également une action apaisante et sécuritaire en calmant l’anxiété et la peur.

Sa production est stimulée par les relations sexuelles et les orgasmes.

Elle provoque également des contractions utérines et sa sécrétion est déclenchée de façon physiologique au début de l’accouchement.

 

Influence des modifications anatomiques

Entraînées par les augmentations de sécrétions hormonales, le corps de la femme se modifie avec la grossesse :

  • Augmentation du volume des seins.
  • Modification du col utérin qui se contracte et se ferme jusqu’au terme (accouchement).
  • Augmentation de la taille de l’utérus passant en position abdominale à partir du 3e mois de grossesse et jusqu’à atteindre une hauteur d’environ 33 cm en fin de grossesse, comprimant de façon progressivement croissante les artères (aorte) et veines (veine cave) passant à proximité.
  • Augmentation de l’apport de sang dans la région pelvienne pour faire face à l’augmentation de taille de l’utérus et aux besoins du bébé.
  • Cette augmentation des apports sanguins est associée à une augmentation de la fréquence cardiaque qui majore la fatigabilité de la femme enceinte.
  • L’amplitude respiratoire abdominale de la femme est de plus en plus limitée avec la croissance utérine, d’où également une fatigabilité croissante à l’effort.
  • Les structures nerveuses suivent la distension des organes pelviens, pouvant entraîner des modifications de la perception nerveuse (inconfort, douleurs, modification de la sensation de plaisir).
  • Il faut également signaler la distension musculaire abdominale qui peut être à l’origine de crampes douloureuses en particulier au niveau du bas-ventre.

 

De combien « grandit » l’utérus ?

  • Il reste dans la région pelvienne durant le 1er trimestre de la grossesse.
  • A partir du 3e mois, il dépasse la symphyse pubienne et devient abdominal.
  • Il atteint le niveau de l’ombilic (nombril) au 5e mois.
  • Puis augmente de 0,5 cm à 1 cm par semaine jusqu’au terme où il atteint environ 33 cm de hauteur.
  • Cette augmentation de taille de l’utérus fait pression sur les organes avoisinants et les déplace, comme les vaisseaux sanguins, les intestins, la vessie, l’estomac, la diaphragme, et est source d’inconfort.

 

Influence des modifications physiologiques

Sous l’effet des hormones et des modifications anatomiques du corps de la femme, on peut distinguer 3 périodes au cours de la grossesse.

 

1er trimestre

L’augmentation importante de la production hormonale génère une fatigue parfois majeure, une envie fréquente de dormir, souvent des nausées et parfois des vomissements.

Le goût et l’odorat peuvent également en être modifiés.

L’augmentation des réseaux vasculaires et glandulaires des seins engendre une tension qui peut devenir douloureuse.

La qualité de vie de la femme durant le 1er trimestre est donc souvent altérée.

 

2e trimestre

Le 2e trimestre est en général une période heureuse. Les nausées et les vomissements ont disparu, le corps s’est habitué aux concentrations hormonales élevées, l’état général de la femme est notablement amélioré.

La congestion pelvienne est débutante entraînant une turgescence clitoridienne et génitale avec une augmentation de la lubrification vaginale. Cette hypersécrétion vaginale n’est pas liée aux stimulations sexuelles et explique la fréquente observation de pertes abondantes.

 

3e trimestre

Le 3e trimestre est en général impacté par les modifications anatomiques abdominales.

L’hyperpression et la congestion pelviennes sont importantes avec un risque élevé d’inconfort et de malaise en position allongée sur le dos.

La congestion pelvienne s’étend à la vulve et au vagin qui sont œdématiés et moins sensibles aux sensations sexuelles.

Le volume de l’utérus est un poids à porter pour la femme et réduit considérablement la variété des positions sexuelles possibles.

 

Influence des modifications psychologiques et émotionnelles

La grossesse, et a fortiori une première grossesse, fait glisser le statut de la femme à celui de future mère.

De fait, la grossesse est vécue dans un état psychologique particulier dit « processus de maternalité » afin de traduire l’évolution psychoaffective spécifique à la grossesse.

Cette « maternalité » correspond à une crise (par comparaison avec la « crise d’adolescence » du passage à l’identité adulte) ou plutôt une transition identitaire (la femme se découvre et doit assumer une autre identité, celle de mère) résultant à la fois des modifications corporelles, des histoires personnelle et éducative de la femme et de son vécu sensoriel de la grossesse.

Cette modification de statut, ou plutôt ce rajout de statut puisque la future mère n’en reste pas moins femme, peut venir modifier les relations intimes du couple.

La grossesse peut autant renforcer le lien érotique et d’attachement du couple que venir révéler ou générer des difficultés relationnelles ou sexuelles.

La grossesse peut ainsi venir altérer le désir et ceci chez les deux membres du couple. Cette altération peut être très variable selon la qualité de la sexualité du couple avant la grossesse.

Les modifications de l’image corporelle de la femme, ses changements psychocomportementaux peuvent être des sources de déséquilibre des relations du couple. On rapporte une dévalorisation de l’estime de soi du fait des modifications corporelles chez environ 14% des femmes enceintes.

Des craintes pour l’enfant, la peur d’une fausse couche, peuvent venir entraver le désir et le laisser aller des partenaires lors des rapports sexuels.

La présence de l’enfant dans l’utérus de la femme peut être vécue comme un tiers s’immisçant dans l’intimité des partenaires.

Des croyances ou influences éducatives ou religieuses sont susceptibles de venir interférer dans le comportement sexuel.

La grossesse peut également venir réveiller des conflits au sein du couple qu’ils soient relationnels ou sexuels. La grossesse peut ainsi aussi parfois venir révéler un dysfonctionnement ancien ou être invoquée comme une cause de malaise dans le couple, masquant un conflit plus profond. La grossesse peut ainsi devenir une excuse pour éviter les rapports sexuels.

Le père peut aussi être perturbé par le passage de sa partenaire femme à la compagne mère ou par les modifications corporelles de sa partenaire, voire ressentir un sentiment de jalousie face au développement de la dyade mère-enfant.

Pour certains couples, le passage du statut de couple « amants » à celui de futurs parents peut entraîner des inquiétudes ou des angoisses venant modifier leur relation et leur sexualité.

Mais l’enfant à naître, qui représente l’attachement et l’amour du couple, ne doit pas venir prendre la place ou cristalliser un dysfonctionnement.

Une bonne communication au sein du couple, le maintien des échanges, la conservation d’une intimité, sont essentiels pour dépasser les changements qui vont se faire durant cette période.

Enfin, on décrit souvent l’ambiance psychologique du vécu de la grossesse comme une femme vivant sa grossesse de façon personnelle et solitaire au milieu d’un « brouhaha social » constitué de l’agitation environnementale des proches, amis, collègues et également du monde médical et des informations médiatiques sur la grossesse.

Le recours à un thérapeute de couple, à un sexologue ou à un psychologue peut être parfaitement justifié si la souffrance du couple est prononcée ou si un accompagnement psychologique ou psychocorporel est souhaité.

 

Que conclure ?

  • La grossesse est une période d’intenses modifications pour la femme aux niveaux corporel et psychologique.
  • Pour une femme enceinte de son premier enfant, c’est une période de mutation profonde où elle doit passer de femme à mère sans pour autant renoncer à demeurer aussi une femme avec son existence propre, son désir, son plaisir, sa sexualité.

 

Lansac J. Lopès P. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017

Leuillet P. Grossesse et post-partum. In Courtois F, Bonierbale M. Médecine sexuelle, Lavoisier Ed., Paris, 2016

Lopès P. Sexualité et grossesse, sexualité et post-partum. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie, Elsevier Ed., Paris, 2014


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