Philippe Schwartz
Sexologie Hypnothérapie Relaxation à Paris 16
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Comment évolue la sexualité durant la grossesse ?

Sexologie

La sexualité durant la grossesse ne doit pas être un sujet tabou, ni entre les partenaires ni lors des consultations de suivi de la grossesse.

Le manque d’informations et certaines craintes non fondées par rapport à l’enfant sont les principales causes de réticence des partenaires envers la poursuite de l’activité sexuelle du couple.

 

La dissociation entre fonction sexuelle de plaisir et fonction reproductive

D’un côté les aspects reproductifs de la sexualité ne sont plus ni un objectif ni un risque, ce qui pourrait faire supposer qu’elle est plus détendue, plus libre, n’ayant que le plaisir comme objet et objectif.

D’un autre côté, la présence de l’enfant peut engendrer des craintes ou un inconfort :

  • Du fait de la présence de l’enfant pendant l’intimité de l’acte sexuel.
  • Par la peur de provoquer des complications de la grossesse.

Ainsi la sexualité pendant la grossesse peut être empreinte de craintes, de peurs, d’inconfort voire se confronter à des croyances éducatives ou culturelles relatives à la sexualité durant la grossesse.

  • Ainsi certaines cultures ethniques associent le sperme à un liquide biologique favorisant le développement de l’enfant, d’autres l’accusent d’être toxique pour l’enfant.
  • Certaines cultures considèrent la femme enceinte comme sacrée avec un interdit de la toucher.
  • Selon les religions et la place qu’elles attribuent au plaisir dans la sexualité par rapport à la fonction de reproduction ou selon le stade de la grossesse, les interdits sexuels varient.
  • Et dans les sociétés occidentales, de nombreuses croyances persistent comme la crainte de « décrocher » le bébé lors des rapports sexuels par exemple.

Ces difficultés et appréhensions peuvent concerner autant la future mère que le couple qui voit alors sa vie sexuelle modifiée.

 

Conséquences des modifications corporelles de la femme

La poitrine de la femme enceinte est plus volumineuse et plus sensible.

Les compressions des vaisseaux dans l’abdomen et le pelvis du fait de l’augmentation de taille de l’utérus peuvent être à l’origine de fatigue et de malaises, en particulier lorsque la femme est allongée sur le dos (les principales artères et veines se situant en arrière de l’utérus). Sur le plan sexuel, la position du « missionnaire » (femme allongée sous son partenaire) est donc déconseillée à partir du 5e mois de grossesse.

L’augmentation de la vascularisation pelvienne associée à la pression de l’utérus sur les vaisseaux voisins entraîne une hyperpression veineuse et une congestion pelvienne avec gonflement (œdème) de la vulve et de l’appareil génital ce qui modifie les réactions sexuelles de la femme (diminution des sensations érogènes sexuelles).

Le relâchement des ligaments du bassin au 3e trimestre peut entraîner des douleurs ligamentaires et des sensations de tiraillements.

 

Évolution de la sexualité et de la sensualité au cours de la grossesse

Il est tout à fait possible et sain de préserver une sexualité durant la grossesse même si elle doit être adaptée aux évolutions de la grossesse.

Le développement mammaire génère une augmentation de la tension et de la sensibilité des seins.

La région vulvaire et en particulier les zones érogènes deviennent progressivement plus difficiles à atteindre par la femme et pour son partenaire.

Le désir sexuel chez la femme est souvent diminué aux 1er et 3e trimestre, en particulier du fait de l’inconfort ressenti durant ces périodes. Il est augmenté au 2e trimestre.

L’orgasme est souvent obtenu plus difficilement durant la grossesse.

Toutefois, la grossesse ne modifie pas de façon notable le désir sexuel pour 60% des femmes enceintes même si la fréquence des rapports sexuels a tendance à diminuer avec l’évolution de la grossesse.

Certaines femmes éprouvent un fort désir de sexualité durant toute la durée de la grossesse.

 

Au 1er trimestre

L’altération de l’état général en début de grossesse est une cause fréquente et compréhensible de baisse du désir chez la femme enceinte.

De plus, le 1er trimestre d’une première grossesse est souvent une période d’anxiété sur la grossesse et son avenir, de questionnements et de besoin d’informations.

Il importe que durant ce trimestre les deux membres du couple restent tendres et proches et qu’ils sachent que l’enfant à naître ne risque rien lors des rapports sexuels.

Ainsi, sous réserve des limites imposées par l’altération de l’état général de la mère, la sexualité peut être poursuivie sans modification particulière.

L’augmentation des réseaux vasculaires et glandulaires des seins engendre une tension qui peut toutefois devenir douloureuse en cas de stimulation par le toucher.

 

Au 2e trimestre

Le 2e trimestre en le plus souvent une période heureuse pour la femme enceinte et pour le couple.

La phase d’imprégnation hormonale est passée et elle ne ressent plus les désagréments du 1er trimestre. L’utérus est passé en position abdominale mais ne fait pas obstacle à la vie sexuelle et son désir est revenu. L’échographie du 1er trimestre a rassuré sur le bon « accrochage » du bébé.

De plus, la congestion pelvienne débutante génère une lubrification vaginale plus abondante mais s’il existe une moindre perception des stimulations vulvaires du fait d’un œdème. En revanche, la zone clitoridienne peut voir sa sensibilité augmentée.

Le désir sexuel de la femme est souvent augmenté durant ce trimestre, elle est dans une période d’épanouissement et de bien-être qui peut augmenter la libido, et ce d’autant que la grossesse aura été fortement désirée.

En l’absence de contre-indications médicales spécifiques, il n’existe aucun obstacle à ce que le couple ait une sexualité harmonieuse et aussi fréquente qu’il le souhaite.

 

Au 3e trimestre

La 3e trimestre est une période où la sexualité s’adapte en permanence à l’augmentation de taille de l’utérus et à la fatigabilité de la femme enceinte.

Une diminution de la fréquence des rapports sexuels au 3e trimestre est de fait rapportée chez 70 à 90% des femmes, de façon croissante avec l’avancement de la grossesse.

La sexualité génitale est quasiment inexistante le 9e mois.

La gêne liée au volume de l’utérus est le principal facteur de réduction de l’activité sexuelle, suivie par les peurs d’une rupture des membranes ou d’une infection.

La sexualité au 3e trimestre est parfaitement possible sous réserve d’une limitation dans les positions possibles du fait du volume de l’utérus :

  • La position allongée sur le dos (« missionnaire ») est déconseillée en raison du risque de malaise par compression vasculaire. La position allongée sur le ventre est également déconseillée.
  • Les positions sur le côté (« petites cuillères », dos de la femme contre le ventre de son partenaire) sont privilégiées ainsi que les positions génupectorales (« levrette »).

Une sécheresse vaginale est également souvent rapportée.

L’importance de la congestion pelvienne au 3e trimestre peut faire que les orgasmes ne la soulagent pas totalement et qu’une sensation de tension désagréable persiste après l’orgasme.

S’ils ne sont pas déconseillés au 3e trimestre en l’absence de risque d’accouchement prématuré, les rapports sexuels avec pénétration doivent cependant être plus délicats, doux et tendres.

 

Que rapportent les femmes enceintes ?

Diminution de la fréquence des rapports sexuels : 64%.

  • Notamment au 1er trimestre du fait des nausées et vomissements (30%), de la fatigue (20%), de la peur de porter préjudice à l’enfant (12%).
  • Au 3e trimestre, les raisons invoquées sont le volume de l’abdomen (47%), la peur de la rupture des membranes (8%) ou d’une infection (8%) et l’inconfort physique (6%).

Sur leur satisfaction sexuelle :

  • Augmentation : 27%.
  • Pas de changement : 45%.
  • Diminution : 28%.

Sur les positions adoptées :

  • Changement par rapport à avant la grossesse : 61%.
  • Préférence pour la position des « petites cuillères » : 79%.

 

Influence de la sexualité sur la grossesse

De nombreuses idées fausses circulent sur les risques des rapports sexuels durant la grossesse. Il importe de les corriger :

  • Le maintien des rapports sexuels au 1er trimestre n’expose pas à un risque majoré de fausse couche spontanée.
  • En revanche en fin de grossesse, et en particulier s’il existe une anomalie du col utérin ou un risque de rupture prématurée des membranes, les rapports sexuels sont susceptibles de favoriser la survenue de complications obstétricales.
  • Des saignements au niveau du col utérin peuvent être provoqués par les rapports sexuels si la femme présente des lésions du col.
  • Les risques infectieux sexuels existent toujours comme par exemple le risque de survenue d’une mycose qui est majoré par les modifications hormonales du vagin liées à la grossesse.
  • Les orgasmes ne déclenchent normalement pas de contractions utérines aux 1er et 2e trimestres de grossesse. Les contractions utérines déclenchées par les orgasmes au 3e trimestre ne sont pas suffisamment fortes pour déclencher l’accouchement en l’absence de risque d’accouchement prématuré.
  • En revanche l’activité sexuelle peut déclencher des contractions utérines (production d’ocytocine stimulée par la distension vaginale) et le risque d’accouchement prématuré peut être augmenté chez les femmes à risque présentant des contractions utérines. Les contractions peuvent survenir chez 25% des femmes lors de l’orgasme durant le 3e trimestre de grossesse.
  • En revanche il n’existe pas de lien direct démontré entre l’activité sexuelle et le déclenchement de l‘accouchement (travail). En l’absence de risque d’accouchement prématuré, les relations sexuelles peuvent être poursuivis jusque dans les jours précédant l’accouchement.

 

Que conclure ?

  • La sexualité durant la grossesse ne doit pas être un sujet tabou, ni entre les partenaires ni lors des consultations de suivi de la grossesse.
  • Sur le plan sexuel, on peut distinguer le 1er et le 3e trimestres, où le désir et la fréquence des rapports sexuels diminuent, du 2e trimestre qui est au contraire une phase d’épanouissement tant sexuel que personnel et d’affirmation de la dyade mère-enfant.
  • Néanmoins toutes les variabilités en fréquence et en qualité des rapports sexuels peuvent exister selon les couples et il n’existe pas de norme absolue. L’important est que le couple s’y retrouve et soit heureux de sa sexualité et du vécu de la grossesse. La qualité des rapports sexuels a toutefois tendance à diminuer en raison des précautions croissantes prises pour le bien-être de la mère et de l’enfant.
  • Privilégier le confort à la performance est le maître mot de la sexualité pendant la grossesse.
  • La sexualité n’a pas à pâtir de l’état de grossesse en l’absence de contre-indications obstétricales spécifiques. Elle constitue au contraire un pivot fondamental de la construction du couple parental.
  • La question de la sexualité est encore trop peu abordée en consultation de suivi de grossesse alors qu’il s’agit d’un sujet important pour de nombreux couple, notamment en termes d’information et de prévention, y compris pour la période du post-partum.
  • Il ne faut pas hésiter à demander aide ou accompagnement à un sexologue ou à un thérapeute de couple pour ne pas laisser un conflit s’enkyster ou simplement pour recevoir des informations sur la sexualité durant la grossesse.
  • La période de la grossesse n’est en revanche pas le bon moment pour initier une prise en charge spécifique sur le plan sexologique du fait de son retentissement propre sur la sexualité. Elle représente en revanche un excellent moment pour découvrir la sexualité sans pénétration systématique.
  • La relaxation, l’haptonomie, le yoga, la méditation sont des aides souvent privilégiées pour permettre à la femme de se recentrer sur sa grossesse et de la vivre pleinement et positivement.

 

Chavaz L, Parisod M. La sexualité des couples durant la grossesse. Mémoire de Bachelor, Université de Genève, août 2018

Lansac J. Lopès P. Questions sexo. Eyrolles Ed., Paris, 2017

Leuillet P. Grossesse et post-partum. In Courtois F, Bonierbale M. Médecine sexuelle, Lavoisier Ed., Paris, 2016

Lopès P. Sexualité et grossesse, sexualité et post-partum. In Lopès P, Poudat FX. Manuel de sexologie, Elsevier Ed., Paris, 2014


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